Coup de foudre...
en plein ciel
A trop vouloir tutoyer les étoiles, quand il fait pluvieux si ce n'est plus vieux, on risque le coup de foudre sans grimper au septième ciel.
Pourtant, François Hollande aurait dû se méfier. Même lorsqu'on prend pour premier ministre un héros germaniste, il est ardu de combattre la colère des Dieux du Walhalla. D'autant que ledit Ayrault aurait eu quelques démêlés avec les juges. Ne serait-ce pas la raison de la fâcherie divine, le président de la république ayant promis de prendre des collaborateurs sans tâche.
Les anciens croyaient aux présages et craignaient les mauvais augures.
L'hommage à Jules Ferry, figure emblématique de la laïcité célèbre pour son action comme ministre de l'instruction, aurait dû mettre la puce à l'oreille du président.
La puce en question avait plutôt le profil d'un oiseau... noir.
Aurait-il croisé un chat de la même couleur en remontant les Champs-Elysées?
En tenant compte de ces différents signes hauts, François Hollande aurait mieux fait de prévoir un gri-gri, une patte de lapin avant de monter dans l'avion.
Chacun sait qu'un éclair ça fout droit, serait-ce un présage pour les législatives.
Et pendant ce temps-là, bien sur terre, le citoyen Sarkozy en short et tee shirt prenait l'air.. seul et sans ailes.
Les jeux sont faits...
Rien n'ira plus
Seule certitude, le 15 mai, Nicolas Sarkozy abandonnera le Palais de l'Élysée et peut-être la politique. Là rien n'est moins sûr. Le président sortant ne serait pas le premier à se raviser. Il prendra ses distances, cela ne fait aucun doute, mais ne sera pas très loin de l'UMP.
Certains souhaitent le voir derrière les barreaux ; les mêmes que ceux qui voulaient voir Jacques Chirac devant les juges. Quelques uns ont d'ores et déjà jugé et condamné celui qui deviendra mardi prochain un simple citoyen. Ces esprits bien pensant devraient réviser le droit et se rappeler que dans une démocratie même imparfaite la présomption d'innocence prévaut.
Ils devraient faire un tour dans d'autres pays où l'on incarcère pour délit d'opinion. Je n'ai pas entendu beaucoup de protestations lorsque Ragip Zarakolu a été arrêté en Turquie. Il est vrai que 120 de nos députés et sénateurs étaient plus préoccupés à faire déclarer inconstitutionnelle une loi condamnant la négation des génocides que de défendre les droits de l'Homme en Turquie.
Nos intellectuels ne se sont d'ailleurs pas montrés plus présents sur la question. La soi-disant liberté pour l'histoire doit anesthésier la faculté d'en faire.
Nos journalistes ont de toute façon d’autres grains à moudre. Comme le titrait en couverture un hebdomadaire : Enfin débarrassé de Sarkozy, on vous attend M. Le Président.
Et la question qui reste en suspens est :
Qui sera premier ministre ?
Réponse aujourd’hui…
Les grandes manœuvres…
Le 15 mai, le nouveau président prendra ses fonctions.
Installé à l’Élysée où il élira ou non domicile, il sera face à son destin.
La vérité d’un homme, c’est ce qu’il cache. L’avenir nous dira quelle est la vérité de M. François Hollande.
Personne ne lui souhaite d’échouer. Car même si, selon ses propres dires, le président de la République n’est pas la France, l’échec d’un président de la République scelle aussi l’avenir de la France.
La fonction présidentielle, ce n’est pas l’homme qui l’assume. Cette fonction-là transcende l’homme qui y a été élu.
La France n’est pas un simple territoire à administrer. La France, c’est une histoire, un destin, une nation.
Et face à cela, on ne peut que travailler ensemble au succès et à la prospérité de la France et de son peuple.
Vive la République ! Vive la France...
Notre peur la plus profonde...
Notre peur la plus profonde n’est pas que nous ne soyons pas à la hauteur,
Notre peur la plus profonde est de comprendre que nous sommes puissants au-delà de toute limite,
C’est notre propre lumière et non pas notre obscurité qui nous effraie le plus.
Nous nous demandons : “ Qui suis-je, moi, pour être brillant, talentueux et merveilleux ? ”
Effectivement, qui seriez-vous pour ne pas l’être ?
Vous êtes un enfant de Dieu.
Vous restreindre, vivre petitement, ne rend service à personne !
L’illumination n’est pas de vous amoindrir pour éviter d’insécuriser les autres.
Nous sommes nés pour rendre manifeste la gloire de Dieu qui est en nous,
Elle ne se trouve pas seulement chez quelques élus ; elle est en chacun de nous, et au fur et à mesure que nous laissons briller notre propre lumière, nous donnons inconsciemment aux autres la permission d’en faire de même.
En nous libérant de notre propre peur, notre présence libère spontanément les autres.
Extrait du discours prononcé par Nelson Mandela lors de son intronisation à la présidence de la République de l’Afrique du Sud, 1994
Indignés ? Vous !... Et après ?
Constituante de 1848
À Madrid, un an après la naissance du mouvement sur la Puerta del Sol, les Indignés sont de retour. Les séquelles du franquisme comme du communisme laissent des traces profondes dans les mentalités, notamment au sein d’une génération née dans un système ou héritière des comportements de ceux qui l’ont vécu.
Nous pouvons rester prisonniers de notre carte du monde ou en changer. Le changement fait peur. Et ceux qui le mettent à toutes les sauces dans leurs discours ne cherchent qu’une chose, l’éviter. Ils lévitent donc sur le vague d’un changement imaginaire qu’ils craignent eux-mêmes.
« En nous libérant de notre propre peur, notre présence libère spontanément les autres », disait Nelson Mandela.
Rien ne sert donc de crier à tous les vents sans la volonté de créer soi-même son propre destin. « Aide toi, le ciel t’aidera. » Notre ciel moderne tient moins à Dieu qu’à nos gouvernants dont beaucoup attendent tout voire trop pour obtenir peu ou rien, de toute façon pas grand chose.
Quant à l’insurrection distillée par ceux qui appellent le « peuple » à prendre le pouvoir, ils se moquent tout autant du peuple que de la souffrance de celui-ci. Ils surfent sur la vague du mécontentement afin de prendre le pouvoir pour eux-mêmes.
Le choc frontal à Hénin-Beaumont promet pour d’aucuns du spectacle. Cela ne reste qu’un divertissement pour la galerie. L’arène politique a ses aficionados. Personnellement, le goût du sang ne m’attire pas, fût-il virtuel.
L’Histoire nous a montré par le passé comment l’exacerbation des passions pouvait être destructrice, et que la haine de l’autre tuait la créativité. Tôt ou tard, parmi les protestataires, le plus fort, le plus habile ou le plus convaincant aidé en cela par des relais ou des réseaux s’impose aux autres. Puis s’arrogeant le pouvoir pour lequel il n’avait qu’exécration, il devient pire que ceux qu’il en a chassé.
L’Histoire nous enseigne, mais l’homme est amnésique. Alors, si comme l’écrivait Victor Hugo :
« Il vient une heure où protester ne suffit plus : après la philosophie, il faut l’action», agir, c’est savoir utiliser sa tête.
Valérie fait le ménage…
Et Julien manque de pot
Alors que François Hollande n’a pas encore pris ses fonctions, sa compagne fait le ménage au QG de campagne. Exit le bouillonnant Julien Dray.
Ayant invité pour son anniversaire son copain DSK entre les deux tours dans un ancien sex-shop converti en restaurant, celui-ci a été remercié pour ne pas dire congédié comme un malpropre du pot de fin de campagne. Pas de pot ce pauvre Julien. Il en a été privé. Pourra-t-il se consoler ailleurs sur un autre zinc avec de simples anonymes (alcooliques ou non).
Pourtant, il aurait dû se méfier, ce brave et naïf Julien. Inviter « l’encombrant DSK » à son anniversaire sans en avertir les autres camarades relève du crime de lèse-majesté. D’autant que sa majesté est aujourd’hui l’Élu du peuple de France. Ségolène, son ex, avait bien filé à l’anglaise lorsqu’elle aperçut l’ancien patron du FMI, en se pinçant le nez. Quid de ceux qui allèrent le saluer ce bon Dominique. Valérie nous prépare sûrement un coup de balai tendance Bolchoï.
Cet événement ou non-événement pour beaucoup doit toutefois nous rendre un peu plus vigilant sur le rôle occulte de Valérie Trierweiler. Toujours présente pour ne pas dire pressante auprès de son président de compagnon qu’elle ne semble pas quitter d’une semelle ne serait-ce pas elle qui tirerait en douce certaines ficelles.
On voit combien le soutien d’une journaliste à ses côtés peut permettre à un homme « normal » pour ne pas dire ordinaire d’accomplir son destin qui lui est exceptionnel.
Toujours est-il que dans la plupart des histoires, notamment les plus noires, il y a toujours une femme. Alors, dorénavant quand un incident du même genre se produira, ne vous posez pas 110 milles questions, « cherchez la femme ».
Espérons néanmoins que ce ne sera pas pour les décisions les plus majeures.
Sinon gare aux aspirations…
Ledit mai… le 10 mai
Le 10 mai 1981, un président de la République de gauche mettait fin à vingt-trois années de présidence de droite qui de De Gaulle à Giscard d’Estaing avait relégué les partis communiste et socialiste dans l’opposition. Ce 10 mai marquait la rupture, et nous étions beaucoup alors bercés par des illusions ou remplis d’un nouvel espoir.
L’abolition de la peine de mort, l’arrivée de ministres communistes dans le premier gouvernement Mauroy, l’âge de départ à la retraite avancé à 60 ans furent sur le moment et respectivement des avancées humanistes, des craintes infondées ou des erreurs à court terme.
Après cinq ans de barre à gauche (avec quelques dérives vers la droite), il y eut la cohabitation entre François Mitterrand et Jacques Chirac – une première ; puis la réélection de Mitterrand en 1998 et une seconde cohabitation avec Édouard Balladur. Élu en 1995, Jacques Chirac connaîtra une cohabitation à son tour avec Lionel Jospin, après une dissolution incompréhensible en 1997. Dernièrement, Jacques Chirac n’a pas caché sa préférence pour François Hollande. Certains prétendent à tort ou à raison qu’en 1995 il aurait passé un accord avec Mitterrand pour permettre à la gauche de revenir aux affaires.
Ce 10 mai 2012 aura pour la gauche une saveur particulière car il coïncidera avec l’élection d’un autre François à la magistrature suprême. Et ce 10 mai encore (déjà dès le 6), les uns seront bercés d’espoir comme d’illusions, les autres de craintes et de remords. Les premiers croiront que tout est possible, les seconds se prépareront de nouvelles échéances.
Pourtant, la France est à réformer. Cela est vrai depuis longtemps. En son temps, Alain Peyrefitte pointait le mal français dans un ouvrage éponyme. Il faudrait que parfois nos élites éthérées s’y replongent. Ce serait une source d’inspiration pour leurs actes comme pour leurs paroles.
En parlant de paroles, un parolier célèbre, le grand Dimey (on n’en sort vraiment pas) écrivait :
« Si ma main droite est un peu gauche, elle sera plus adroite demain.» [1]
Bon anniversaire… mais il n’y aura pas de gâteau pour tout le monde.
[1] La Fauche (Bernard Dimey-Armand Seggian)
La France Digne
La France apaisée, digne et réconciliée dans le même respect de son histoire et de sa mémoire s'est retrouvée sous l'Arc de Triomphe, en ce 8 mai 2012.
Quelle belle image que celle du président sortant et de son successeur célébrant ensemble la fin de la guerre en Europe avec la capitulation de l’Allemagne nazie.
Nicolas Sarkozy en président aguerri invitant François Hollande pour l'accompagner à ce qui sera sa dernière cérémonie officielle, voilà un symbole fort.
Être républicain et vigilant ne signifie en aucun cas la critique permanente ni l'intransigeance.
Être républicain, c'est défendre les valeurs de la France et ses principes, l'Europe et toutes les avancées permettant à l'humanité de s'épanouir dans le respect de son environnement.
Être vigilant nous conduit à être attentif en soutenant les propositions qui vont dans l'intérêt de la France, des Français, des Européens et de tous les citoyens épris de justice, de liberté, d'égalité, de fraternité.
La France digne est une France affranchie de ses clivages, tolérante envers son prochain et ouverte au dialogue.
"Allons enfants de la patrie..."
Oui mai…
A bon entendeur, salut.
Avec notre nouveau président tout frais é(mou)lu pas de surprise.
Enfin pas encore !
Barre à gauche toute, mais à toute vapeur on verra.
Reste que ceux qui avaient aiguisé leurs couteaux contre le président sortant en espérant un maroquin ou à défaut un strapontin peuvent aller se rhabiller ou (propos passés sous silence...) chez les… Grecs. On n'en fera pas un drachme.
L’ouverture que nenni, quelle insulte. M. Hollande c’est la fermeture éclair.
Alors, adieu veau, vaches, cochons et bonjour chevaux, M. Bayrou. Voter Hollande vous apportera des prunes.
Pas à une catastrophe près, Me Lepage n’y est plus (à la page bien sûr). Toutefois, on peut toujours compter sur elle pour plaider l’affaire.
De toute façon, tous deux ne sont pas assez à gauche. Alors, à moins d’adhérer au PS. Et oui, il faudra s’y coller.
Avec 2,29% au premier tour, Eva aura-t-elle ses 60 sièges au palais Bourbon ou sera-ce une cuite au Bourbon plein le palais ? J'aimais bien Eva et sa lettre à France. Oui, mais, il n'y a pas qu'Eva. La politique, ce n'est pas joli joli. Le 6 au soir, Vincent se voyait déjà Placé à la Bastille. Mais Placé, ce n’est jamais gagnant.
Et Mélenchon, le vieux frère du parti de la rose parti agiter le drapeau rouge, c’est vrai il ne demandait rien. Hormis battre Sarkozy bien sûr, sans prononcer le nom de Hollande. Pirouette cacahouète.
Ah, j’oubliais le 8 mai, date de la capitulation de l’Allemagne nazie, j’aurai une pensée particulière pour Missak Manouchian et ses camarades de combat de l’Affiche rouge, ces étrangers morts pour la France pour que vivent libres des Français d’aujourd’hui. Pour que vivent la France et ses armes, son hymne et son drapeau. Qu’on aime ou qu’on n’aime pas, on ne siffle ni un hymne et ne brûle pas un drapeau, lorsque des combattants de la Liberté ont donné leur vie pour l’un comme pour l’autre.
C’est aussi ça le respect !
8 mai 2012
François le petit
Bravo !
Trois fois bravo !
François 2 est le 7ème président de la 5ème République ; et le dernier en date depuis Napoléon III. Napoléon III, celui que Victor Hugo avait surnommé le petit.
À l’usage, ce surnom de « petit » collera bien à François II pardon 2, l’héritier du Grand François celui de la Pyramide.
Bravo donc à François !
Bravo aussi aux médias qui en ont fait avant l’heure le président.
Bravo à ceux dans l’ombre (et surtout à celle) qui tirent les ficelles.
À la liesse du premier soir succédera la gueule de bois du lendemain. Et les sourires d’un temps céderont la place à la grimace lorsque les prébendes et autres récompenses attendues ne seront pas au rendez-vous des courtisans de la 25ème heure.
Les peuples n'ont besoin ni de faux prophètes ni de guides égarés dans les méandres de la bureaucratie.
Les peuples ont besoin de volonté, de courage et d'inventivité. Ils n'ont rien à attendre de ce qui vient d'en-haut, encore moins de projets de déconstruction établis sur la démagogie.
Les peuples ont besoin plus de liberté que de donneurs de leçons.
Oui François chantez :
« Je suis roi et je règne
Bravo ! Bravo !
J'ai des rires qui saignent
Bravo ! Bravo !
Venez, que l'on m'acclame
J'ai fait mon numéro. [1]»
Chantez, chantez, chantez avant de déchanter.










