Le Château des Milandes...

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© Sedecs/Terroirs-of-France/ M. Durman

...Ou le souvenir de Joséphine Baker

Milandes, ce terme désignait à l'origine, c'est à dire au Moyen-âge une région boisée. Construit en 1489 par François de Caumont, seigneur de Castelnaud pour son épouse Claude de Cadaillac, le château des Milandes tient plus du manoir que de la forteresse médiévale, preuve peut-être qu'il était destiné à devenir d'abord un écrin pour une femme, avant d'être une demeure familiale élégante jusqu'en 1535.

La famille de Caumont préféra administrer son domaine dans ce cadre moins austère que celui du château de Castelnaud. Le dernier descendant de la famille de Caumont, Jacques Nompar de Caumont, plus connu sous le nom de Duc de la Force fut l'un des plus dévoués serviteurs du roi Henry IV. À sa mort, les Milandes perdirent leur dernier seigneur.

Et comme celui de la Belle au Bois-Dormant le château fut plus ou moins laissé à l'abandon jusqu'à la Révolution.

En 1890, il devint la propriété de Charles Claverie, riche industriel qui entreprit d'importants travaux. Il rehausse notamment la Tour Carrée afin d'y abriter réservoir d'eau de 36m3 (un grave incendie était survenu au 19ème siècle). Féru de style gothique, il fait édifier sur les arcades des terrasses aux balustres sculptés de figures allégoriques, de petites tourelles surmontées de lauzes. Il fait compléter le tout par un chai en forme de barbacane et un jardin composé de plusieurs niveaux. 

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En 1920, sa veuve cède le château à un médecin, le Dr Malès. La chapelle alors séparée du château devient la propriété de la commune.

De passage en Périgord chez un ami, en 1937, Joséphine Baker découvre le Château des Milandes dont elle tombe amoureuse. Elle louera la propriété puis en 1947 rassemblera les fonds nécessaires pour l'acheter.

Née aux Etats-Unis à St-Louis au Mississipi dans une famille pauvre en 1906, Joséphine Baker a connu une enfance malheureuse.

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Elle fait partie de la Revue Nègre dans les années folles qui se produit à Paris. Devenue une des icônes des nuits parisiennes, elle est et restera la femme des " Deux amours ", son pays et Paris.

En septembre 1939, elle est recrutée par le deuxième bureau. Honorable correspondant, elle quitte la France pour le Maroc en 1940. En 1942, elle se produit pour les soldats français, britanniques et américains en Afrique du Nord. Puis elle fait une tournée au Moyen-Orient.

© Sedecs/Terroirs-of-France/ M. Durman

Parallèlement, elle travaille pour les forces de la France Libre. Promue sous-lieutenant dans les Auxiliaires Féminines des Forces Aériennes Françaises, elle ne ménage pas ses efforts pour la Résistance.

Elle sera décorée à la Libération de la Rosette de la Résistance, et faite Chevalier de la Légion d'Honneur en 1961.

Le château des Milandes sera ce havre dans lequel Joséphine Baker va mener un autre défi, peut-être en souvenir de son enfance, cette enfance dont elle a souffert.

En 1954, de retour en France, elle décide de fonder une famille. Elle veut élever un groupe d'enfants de races et de religions différentes dans une atmosphère harmonieuse.

Cette famille, elle l'appellera " La Tribu de l'Arc-en-ciel ".

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© Sedecs/Terroirs-of-France/ M. Durman

En 1962, elle adopte 12 enfants, dix garçons et deux filles. En 1964, les difficultés financières s'accumulent. En 1968, Joséphine Baker est expulsée du château. Elle mourra en 1975 d'une crise cardiaque.

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Aujourd'hui, le château des Milandes appartient à la famille Henry de Labarre ; d'origine périgourdine, cette quatrième famille succédant à Joséphine Baker rend hommage à la célèbre artiste du music-hall.

© Sedecs/Terroirs-of-France/ M. Durman

Plus qu'un musée plus qu'un sanctuaire, le château entretient la mémoire de Joséphine Baker ; des photos de l'artiste à sa garde robe de scène, des affiches aux coupures de presse, des statues en cire du Musée Grévin retraçant sa période militaire au service de la France Libre (avec des documents tels les courrier du Général de Gaulle, son uniforme de sous-lieutenant et ses médailles) pour la partie publique.

La visite se poursuit plus intimiste, dans la vie de la femme et de la mère qu'elle a été ; la reconstitution de chambres à coucher, de chambres d'enfants, de salle de bains, ou d'une salle à manger ; on dirait que tout est figé là, prêt à revivre à tout moment.

Et puis il y a cette voix off, fil conducteur de ce voyage dans la vie d'une femme généreuse ; cette voix off qui suit le visiteur d'une salle à l'autre, avec un commentaire approprié ; cette voix off, et la voix de Joséphine Baker, cette voix immortelle, celle de " J'ai deux amours " ; cette voix éternelle ; cette mémoire toujours vivante. Un bel hommage, il est vrai.

À noter également, un merveilleux spectacle de rapaces qui ravira les petits et les grands, ainsi que des vols en montgolfière (avec initiation).

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© Sedecs/Terroirs-of-France/ M. Durman

En juillet et août, le spectacle de rapaces se déroule en son et lumière dans une ambiance Renaissance ; la Renaissance dont le château des Milandes perpétue également le souvenir.

Nous remercions Mme Angélique de Saint-Exupéry, administrateur du site  pour la qualité de son accueil et les informations précieuses qui ont permis la rédaction de cet article.