albanel


Ministre de la Culture dans le gouvernement de François Fillon, Madame Christine Albanel aurait déclaré ne pas aimer l’art contemporain. Cette information a été diffusée le 4 juillet dernier, alors que cette révélation aurait été faite, le 29 mai, à un journaliste de France Inter. Cette information est-elle à mettre en parallèle avec le décès de Madame Claude Pompidou, qui initia son mari le Président Georges Pompidou à l’art contemporain qu’elle appréciait au plus haut point.

On peut aimer ou non l’art contemporain. C’est une affaire de goût. Certains en sont friands, d’autres détestent. Beaucoup y viennent parce que les goûts changent avec le temps. Parfois, c’est dans le couple l’un des conjoints qui fait apprécier à l’autre cette forme d’art actuelle qui s’inscrit dans son temps.

Toute époque a eu son art contemporain. Au 19ème siècle, les impressionnistes furent boudés par la critique et trouvèrent un lieu d’exposition dans le salon des refusés. En observant aujourd’hui la cote de ces artistes, on peut ne pas comprendre la réaction d’un certain public ou d’amateurs d’art. Mais, en ce temps-là, l’impressionnisme comme l’expressionnisme, n’était pas dans les codes esthétiques d’alors.

Figuratif ou abstrait, chaque style a ses partisans et ses détracteurs. Avec l’avènement de la photographie, on avance que le figuratif qu’il s’agisse du travail du paysagiste ou du portraitiste n’aurait pas le même intérêt puisque l’on peut aujourd’hui représenter le sujet tel qu’il est. L’artiste représente le sujet tel qu’il le perçoit, et chacun d’entre nous a une perception très subjective de la même œuvre, personne ne voyant la même chose d’une manière identique. C’est en effet le cerveau qui interprète et corrige notre vision. En conséquence chaque vision est personnelle.

L’art abstrait ouvre des voies à une interprétation beaucoup plus large puisque chacun peut en regardant une œuvre y apporter sa propre sensation en fonction de son identité, de sa culture ou de ses émotions.

Aimer ou non l’art contemporain n’est pas si important en soi. Et en faire une information, quand bien même il s’agirait d’un ministre de la culture, ne devrait pas faire couler autant d’encre. Les goûts et les couleurs ne se discutent pas, et il est inconvenant pour ne pas dire dangereux de juger une personne pour ses goûts. En entendant parler de culture, des hommes de la pire espèce parlaient de sortir leur revolver. Il est vrai que pour ces hommes-là la culture se résumait à un art pompeux validé par un parti unique et soumis aux fourches caudines de la censure. Il ne faudrait pas que sous le prétexte d’un désaccord avec une opinion donnée en toute liberté certains s’érigent en moralistes. L’intolérance n’est jamais loin.

Carl E. Arkantz
5 juillet 2007