12 juillet 2007
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Le Clos-Lucé...la dernière demeure de Leonardo Da Vinci
© Sedecs/Terroirs-of-France/S. Durman
...la dernière demeure de Leonardo Da Vinci
Le Château du Clos-Lucé, propriété de la famille Saint-Bris depuis plus de deux siècles, est à Amboise l'un des sites les plus visités avec le Château Royal. À l'origine, ce château fortifié avait été offert en gage d'amour Charles VIII à son épouse Anne de Bretagne ; elle venait s'y retirer pour prier et pour pleurer ses enfants morts en bas âge. Ce cadeau d'amour aurait pu rester le château du recueillement et des larmes, s'il n'avait pas été occupé par un hôte illustre.Car le Clos-Lucé est aussi et surtout la demeure de Léonard de Vinci, sa dernière demeure, puisque installé dans ces murs en 1516, il devait y mourir en 1519 à 67 ans.
Léonard de Vinci est sans nul doute, comme il se surnommait lui-même un homme universel. De son temps, et surtout après sa mort, beaucoup avaient remplacé le mot homme par génie. Il n'en est pas moins vrai que Léonard de Vinci fut et reste un esprit universel, capable d'observer et de chercher à comprendre, d'expliquer, d'expérimenter et de reproduire tout ce qui dans la nature pouvait servir à améliorer le sort des hommes ou à détruire s'il le fallait des vies avec des machines de guerres innovantes dont beaucoup sont restées au rang de prototypes.
Pour quelques siècles seulement ! Puisque le char d'assaut, les ponts tournant ou levant, le canon se chargeant par la culasse furent, non pas inventés, mais fabriqués et utilisés lors des guerres modernes. |
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Le Château du Clos-Lucé est un élégant manoir, conservant avec sa tour de guette et sa galerie percée d'une couleuvrine (ouverture pratiquée pour tirer avec l'arme à feu éponyme) une partie médiévale.
Passée la galerie, le visiteur entre de plain-pied dans l'intimité de l'illustre occupant, à savoir sa chambre à coucher équipée d'un mobilier raffiné dont on se plait à penser qu'il ait pu être utilisé par De Vinci.
De la chambre à coucher au cabinet de travail aux murs agrémentés de citations tirées de maximes, on peut dès lors en descendant d'un étage découvrir l'oratoire d'Anne de Bretagne, un espace qui invite au recueillement même les plus jeunes.
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Puis viennent le grand salon, le petit salon, la salle de réception (ou salle à manger) et la cuisine. Le rez-de-chaussée, quant à lui, est entièrement consacré à l'exposition des maquettes, reproduisant ses dessins et croquis, travail dû à la société IBM. |
| La chambre © Corbis Syg |
Si la visite du Château du Clos-Lucé est un parcours initiatique qui permet de faire travailler l'intellect du visiteur ; on peut dire qu'on sort de cette première visite plus intelligent.
N'est-ce pas cela aussi l'esprit de Léonard de Vinci ou de son fantôme ?
La suite de la visite est plutôt sportive, puisque le parc du Château nécessite une bonne marche.
Nous recommandons donc entre l'esprit et le corps un passage par la terrasse Renaissance - on aurait aimé qu'il y eut à cet endroit un restaurant avec un menu Renaissance ; il existe bel et bien à La Table du Moulin mais au milieu du parc. La mise en jambes est un excellent apéritif.
Afin de prolonger cette descente dans l'univers de Léonard de Vinci, une boutique culturelle est à disposition. Le circuit proposé dans le parc avec une carte permet d'aller de découverte et découverte, de maquettes géantes, en ponts grandeur nature sur les schémas du génie italien (à proprement parler Toscan), à une halle couverte dédiée à sa vie et à son œuvre avec au-dessus de vos têtes une reproduction de la célèbre machine volante et dans une salle de projection attenante un court métrage sur la Joconde. |
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© Sedecs/Terroirs-of-France/ M. Durman |
C'est en mettant nos pas dans ceux de Léonard de Vinci, en imaginant que, presque cinq siècles plus tôt, il ait foulé ces terres, ces herbes, vu et aimé peut-être ces mêmes arbres qu'on peut comprendre l'estime que lui accordait le roi François Ier pour lui avoir offert cet havre de paix.
Le roi pouvait ainsi, tout en préservant l'intimité de son hôte, venir lui rendre discrètement visite par un souterrain (dont on ne connaît plus l'emplacement) lorsqu'il était au château d'Amboise.
C'est en mettant nos pas dans ceux de Léonard de Vinci, en imaginant que, presque cinq siècles plus tôt, il ait foulé ces terres, ces herbes, vu et aimé peut-être ces mêmes arbres qu'on peut comprendre l'estime que lui accordait le roi François Ier pour lui avoir offert cet havre de paix.
Le roi pouvait ainsi, tout en préservant l'intimité de son hôte, venir lui rendre discrètement visite par un souterrain (dont on ne connaît plus l'emplacement) lorsqu'il était au château d'Amboise.
Tombe de Léonard de Vinci - Chapelle Saint-Hubert (Château Royal d'Amboise)
© Sedecs/Terroirs-of-France/M. Durman
La légende, si ç'en est une, rapporte que Léonard de Vinci serait mort dans les bras de François Ier. Il sera enterré à Amboise et non au Clos-Lucé. Ce château aura été sa dernière demeure au sens de celle où il aura vécu ; et le château d'Amboise celle de son repos éternel.
Nous remercions la famille SAINT-BRIS ainsi que Mme Catherine SIMON MARION pour leur accueil et les informations précieuses qui ont permis la rédaction de cet article.
Persépolis ou la vie ordinaire d’une petite fille iranienne
Distingué lors du dernier festival de Cannes par un prix spécial du jury, le film de Marjane Satrapi et de Vincent Paronnaud raconte l’histoire ordinaire d’une petite fille pas si ordinaire. Tirée de la bande dessinée Persépolis, ce film nous fait partager le quotidien de la famille Satrapi dans l’Iran de la fin des années 70 jusqu’au début des années 90. De la chute du régime du Shah à l’instauration de la République islamique, cette famille d’origine princière Qadjar et progressiste – l’oncle Anouche est communiste – passe de l’espoir à la désillusion. La grand-mère, figure digne et aristocratique, manie un langage cru et sans concession face à un père et à une mère beaucoup plus fatalistes. Marji évolue au milieu des siens avec son tempérament rebelle pour ne pas dire révolutionnaire, aussi proche de Marx que de Dieu. On saluera le doublage réussi de Chiara Mastroianni (Marjane), Catherine Deneuve (sa mère – elle est également la mère de Chiara Mastroianni), Simon Abkarian (le père) et Danielle Darrieux (en étonnante grand-mère).
Le dessin en noir et blanc – ponctué de séquences en couleur lors de l’arrivée de Marjane à Paris – est des plus efficaces. Il permet de transmettre un message plus clair que la photo tout en étant aussi fort et cruel. Partagé entre le rire et les larmes, le spectateur ne peut rester insensible aux pérégrinations de cette fillette fan de Bruce Lee et de musique rock qui s’éveille à l’adolescence dans son exil viennois et revient presque femme à Téhéran sombrant dans la dépression la plus totale.
Ce film on s’en doute n’a pas été bien perçu du côté du régime des Mollahs iraniens car il donnerait une image faussée des réussites de la République islamique. Il est vrai que de vouloir asservir l’homme et surtout la femme doit être considéré par ces religieux comme un progrès social majeur et que d’avoir permis à une masse avide de vengeance de régler ses comptes avec ceux qu’elle estimait trahir la cause de l’islam figurera comme une avancée historique ; l’épisode du laveur de carreaux devenu directeur d’un service pour l’attribution des visas refusant la sortie d’un cardiaque pour une opération de la dernière chance est des plus éloquents comme celle des gardiens de la Révolution reprochant à Marjane de trop onduler du derrière en courant, ce qui paraît impudique à leurs yeux.
On en oublierait la grandeur de l’Empire perse qui libéra le peuple d’Israël du joug des Babyloniens et l’aida à reconstruire en Judée ses villes et ses temples. On en oublierait la richesse de la culture iranienne qui engendra des poètes d’une rare modernité comme Omar Khayyâm (1048-1123) qui dans son Robayat CLXIV écrivait :
« Pauvre homme, tu ne sauras jamais rien. Tu n'élucideras jamais un seul des mystères qui nous entourent. Puisque les religions te promettent le Paradis, aie soin de t'en créer un sur cette terre, car l'autre n'existe peut-être pas. »
Cette Iran-là, éternel, devrait nous faire oublier la parenthèse sanglante de la Révolution islamique comme celle du règne autoritaire de la dynatie des Pahlevi.
Merci Marjane de nous avoir donné ton témoignage sincère et émouvant…
Carl E. Arkantz








