Arkantz

Romancier et éditorialiste, Carl Eric Arkantz collabore régulièrement à la rédaction de magazines sur Internet, et est régulièrement publié dans la presse francophone.

31 août 2007

Le Diable de Çildir : Extrait N° 7

cildir

Igor Sulakvelidze n’avait rien bu cette nuit-là. Il en avait fait la promesse au lieutenant Babel, parce qu’il était son ami. Mais, il aurait bien voulu rompre cette promesse tant il avait froid dans ce vaste hangar. Il devrait pour cela abandonner son poste, regagner sa chambrée, chercher dans sa cantine une bouteille de vodka qu’il liquiderait à la santé de son ami David. On ne boit qu’à la santé des gens qu’on aime. Et en-dehors de lui, Igor n’aimait personne, hormis le lieutenant Babel. Il grelotta. Le froid commençait à l’engourdir. Pourquoi avait-il si froid, cette nuit-là ? Il serra son fusil contre lui comme si cela pouvait le réchauffer. Dans son dos, un craquement le fit sursauter. Il se retourna.

« Qui va là ? tonna-t-il pour se donner du courage.

Personne ne répondit. Il y eut un silence, puis un grincement.

« Qui va là ? répéta-t-il sur le même ton.

Craignant un coup de feu accidentel, il hésita à armer son fusil. En cela, il ne faisait qu’observer strictement les consignes.

« Ne tirez qu’en dernier recours, et visez juste. Ou vous ferez sauter l’armurerie. », répétait le capitaine. « Et on se ferait sauter avec, pensa le 2ème classe. Un billet direct pour l’enfer ! »

Il n’en menait pas large, le doigt sur la détente, ne sachant s’il allait se frotter à un intrus ou bien à un rat. Il aurait préféré que ce fut un rat. Une main s’abattit sur sa bouche. Il étouffa un râle. Un avant-bras lui bloqua le cou, tout en le soulevant de terre. Un genou lui enfonça la colonne vertébrale au niveau des lombaires. Devant ses yeux écarquillés, une longue lame brilla dans la pénombre. Un éclat bleuté, froid et sinistre. Avant que son cerveau ait eu le temps de comprendre qu’il allait mourir, la pointe d’acier perfora son thorax. La brûlure atroce le fit hurler.

« David ! »

Posté par arkantz à 10:00 - Littérature - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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