Coucy...

blason

…le château qui ne voulait pas mourir

 

Il était l'orgueil d'une famille, l'orgueil d'une région, l'orgueil d'un royaume. Il avait pour nom : Coucy. Ceux qui n'en connaissent que les illustrations dans les livres consacrés aux châteaux du Moyen-âge sont restés admiratifs devant tant de immensité. Car Coucy, c'est avant tout un ouvrage gigantesque, qui marque la première moitié du 13ème siècle, à l'apogée de la grandeur des sires de Coucy.

Comme Rome, Coucy ne s'est pas fait en un jour. La première mention connue de Coucy remonte au 6ème siècle. La terre de Mège incluant la ville de Coucy est donnée par Clovis à Saint Rémi de Reims au soir de la bataille de Soissons. Du château initial du 10ème siècle, il ne subsiste rien.

Les sires de Coucy en prendront possession au 11ème siècle ; ils étendront rapidement leur pouvoir tant politique que territorial.

photo84

© AMVCC

C'est à Enguerrand III que l'on doit le château actuel et l'enceinte urbaine.

Le château et l'ensemble de la forteresse furent construits d'un seul tenant en moins de 30 ans. Ils comptèrent parmi les plus grands ensembles fortifiés de France. 

Avec ses 14 hectares, Coucy possédait 33 tours et plus de 2 kilomètres de remparts. Les quatre tours d'angle du château approchaient les dimensions du donjon royal du Louvre et son donjon fut la plus grande tour de tout l'Occident chrétien. Viollet Le Duc estimait que le chantier avait pu comporter jusqu'à 1500 ouvriers en même temps. 

On a dit d'Enguerrand III qu'il avait des visées sur le trône de France, sous la régence de Blanche de Castille, mère de Saint Louis. Ambition réelle ou simple légende, toujours-est-il que le destin de Coucy a été marqué par l'empreinte du sire Enguerrand III.

 

photo15

Au 14ème siècle par Enguerrand VII, le dernier des Coucy, petit-fils de l'Empereur d'Autriche, cousin du roi de France et gendre de celui d'Angleterre, aménage des logis grandioses. 

A sa mort, en 1397, le domaine de Coucy est racheté à ses filles par Louis d'Orléans. 

Très convoité, le domaine sera assiégé de nombreuses fois par les puissants du Royaume et finira par être définitivement rattaché à la Couronne vers la fin du 15ème siècle. 

Durant la Fronde, Coucy avait refusé de se rendre aux troupes de Mazarin ; il fut assiégé et pris par le Maréchal d'Estrées. 

© AMVCC

Le pouvoir royal prit la décision de le faire démanteler et de le rendre inhabitable en 1652. Vendu à la Révolution, il servit de carrière.

Racheté par l'Etat, il fut remis en valeur sous le Second Empire ; sa restauration, limitée à l'essentiel, sera confiée à Viollet-le-Duc. Lors de la retraite allemande, en 1917, les quatre tours d'angle et le donjon du château furent dynamités - il aura fallu l'équivalent d'un wagon entier de dynamite pour en venir à bout - et la ville fut entièrement détruite.

 

L'histoire aurait pu s'arrêter là.

C'est sans compter l'énergie de quelques passionnés qui réunis dans l'Association de Mise en Valeur du Château de Coucy organisent un spectacle " Coucy à la Merveille " pour faire revivre la légende du site.

spect_md

© Sedecs/Terroirs-of-France/ M. Durman

Chaque année, dès le début juillet, un spectacle grandiose fait renaître le site.

À partir de 19h30, le temps semble s'emballer, et vous voilà plongés en cœur du Moyen-âge avec une fête villageoise, ses camelots, ses jongleurs, ses troubadours, ses paysans et ses seigneurs avec leurs chevaliers. Puis lorsque la nuit enveloppe la cité, la légende prend corps sous les yeux de l'assistance.

maquette

affiche4b

Entre Tolkien et Chrétien de Troyes, cette féerie rassemble plus de 350 bénévoles, acteurs, techniciens et figurants dont il faut saluer le talent, la passion, le professionnalisme et l'engouement pour ce site magnifique, grandiose et tragique.

Un exemple à suivre lorsqu'on parle de la préservation des valeurs, du patrimoine et de la mémoire !

Chaque année un nouveau spectacle est organisé : Tous les vendredis et samedis de juillet, à partir de 19h30.

 

Nous remercions l'Association de Mise en Valeur du Château de Coucy (AMVCC) et le CDT de l'Aisne pour les informations précieuses qui ont permis la rédaction de cet article.