Arkantz

Romancier et éditorialiste, Carl Eric Arkantz collabore régulièrement à la rédaction de magazines sur Internet, et est régulièrement publié dans la presse francophone.

25 octobre 2007

"Histoire de la Turquie contemporaine" de Hamit Bozarslan, éditions La Découverte, page 41

"Histoire de la Turquie contemporaine" de Hamit Bozarslan, éditions La Découverte, page 41

bozarslan


"Il en allait de même pour les Juifs qui, comme le montrent de nouvelles recherches, notamment celle de Rifat Bali en turc, furent définis comme une "menace" et devinrent la cible, dès 1923, de mesures drastiques, impliquant l'interdiction de leur libre circulation en Anatolie. La presse, mais aussi les responsables kémalistes eurent régulièrement recours aux discours antisémites. Au début des années 1930, les juifs, (comme les Arméniens et les Grecs d'ailleurs) perdirent leurs emplois dans le service public et dans les municipalités (la presse qui évoquait ces licenciements précisait que ces postes allaient désormais être réservés aux seuls musulmans).

La montée de l'antisémitisme en Europe dégrada encore la situation de la communauté juive.
...
En 1934,en effet, une campagne antisémite violent fut lancée contre les "Juifs qui refusent de parler le turc", à Izmir et en Thrace (Edirne, Çanakkale, Uzunköprü, Kirklareli...). Le gouvernement laissa les instigateurs, notamment Cevat Rifat Atilhan et Nihal Adsiz, tous deux grands admirateurs de Hitler, agir en toute impunité, mais décida, pour des raisons de "sécurité nationale" et pour les "protéger", d'expulser en masse les juifs de Thrace. Les campagnes antisémites qui émergèrent épisodiquement ne cessèrent qu'en 1944."


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Hamit Bozarslan, est né le 11 octobre 1958, à Lice en Turquie. Il est maître de conférences à l'EHESS. Après des études d'histoire, il a obtenu le doctorat de l'EHESS («Courants d'idée dans l'Empire ottoman, 1908-1918», thèse dirigée par Fr. Furet) et celui de l'IEP de Paris («états et minorités au Moyen-Orient : La régionalisation de la question kurde», thèse dirigée par R. Leveau). Ancien allocataire de recherche au Centre Marc Bloch à Berlin et à l'Université de Princeton, il travaille actuellement sur la violence au Moyen-Orient.

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L'Agonie des Judeo-Espagnols ! de Haim Vidal Sephiha

L'Agonie des Judeo-Espagnols !
de
Haim Vidal Sephiha

vidal


« Le gouvernement turc avait accordé dès 1924 la citoyenneté turque aux minoritaires (juifs, grecs et arméniens) mais ceux-ci restèrent des citoyens de 2de zone, avec mention de leur appartenance sur leur carte d'identité. Malgré le caractère laïque de la politique nationaliste de Mustapha Kemal, une ségrégation s'opérait envers ces minorités : dans les faits, l'accès a certains secteurs de l'économie étaient refusés aux non-musulmans, de même les crédits n'étaient accordés qu'aux chefs d'entreprise musulmans.

En 1934 est instituée la loi des patronymes et de nombreux Juifs troquent leurs noms hispaniques contre des noms turcs. En outre, la même année est décidé le "déplacement autoritaire" des Juifs de Thrace et de la région des Dardanelles en Asie Mineure. Les minoritaires rentrent la tête ou émigrent en masse.

Si la Turquie se maintint en dehors du conflit, les sympathies pro-nazies s'exprimèrent ouvertement dans la presse d'alors. La politique d'élimination des minorités s'en trouva encouragée et, en 1942, lors d'un impôt exceptionnel sur les biens, agit a visage découvert : les Musulmans eurent à payer 5%, les Deunmes, descendants des partisans de Sabbatai Zevi convertis à l'Islam 10%, mais les non-Musulmans et plus encore les Juifs (on retrouve ainsi l’hiérarchie établie par les théoriciens nazis) eurent à payer des sommes sans commune mesure avec leurs possibilités. Pour pouvoir payer les sommes exorbitantes qu'on leurs demandait, de nombreux commerçants se ruinèrent en vendant tout ce qu'ils possédaient. Les gagne-petit qui ne purent payer furent envoyés aux travaux forcés. On tremble à l'idée de ce qui serait advenu si le cours des choses n'avait tourné a l'avantage des Allies. C'est précisément ce que sentirent à temps les responsables politiques d'alors, qui, fin 43-debut 44, libérèrent les déportés, supprimèrent l'impôt en question et mirent une sourdine aux "Turcs de nom seulement! ennemis du peuple !" de la presse pro-nazie. L'étau se desserra un peu et le parti démocrate promit d'indemniser les victimes. Ce manque de gratitude à l'égard de citoyens qui avaient honnêtement joué un jeu de dupes et renoncé aux protections consulaires, poussa les Judeo-Espagnols de Turquie à émigrer en masse après 1945. »



Source : Auteur: chris Date: 20-04-2004 12:48 - (passages extraits du livre de Haim Vidal Sephiha cités dans Le Forum des Européens - débat : La Turquie dans l'UE) .

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Haïm Vidal Séphiha (1923 - ....) est un linguiste et professeur émerite des universités. Il est l'instigateur des premiers travaux portant sur le judéo-espagnol, parlé aujourd'hui par un certain nombre de Juifs séfarades et a contribué à la défense et à la promotion de cette langue menacée.

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La tragédie du Stroma

La tragédie du Stroma


— Il y a 65 ans, le 23 février 1942, le navire Stroma, avec à son bord 769 Juifs fuyant les Nazis, sombrait en mer Noire. Parti le 11 décembre 1941 de Roumanie avec peu de vivres, alors qu'il ne pouvait prendre que 600 passagers, il arrive trois jours plus tard à Istanbul, où à leur grande déception, les Juifs comprennent qu'ils ont été roulés et qu'aucun visa d'entrée pour la Palestine ne les attend.

Les autorités turques refusent de les laisser débarquer et leur transfèrent de la nourriture. L'Agence juive et le Joint tentent de convaincre en vain les autorités britanniques de les laisser arriver en Palestine. Le 23 février, la police maritime turque remorque le Stroma et le laisse en plein cœur de la mer Noire tous moteurs éteints, où un sous-marin russe le torpille par erreur. Il n'y aura qu'un seul survivant. Guysen.Israël.News / 23 février 2007

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Aucun Musulman turc n'a été déporté à Dachau ou à Auschwitz

Aucun Musulman turc n'a été déporté à Dachau ou à Auschwitz. Dans les documents fournis, l'ETU mêle les persécutions nazies et une lettre du rabbin Isaac Zarfati, né en Allemagne, invitant vers 1454 ses coreligionnaires à le rejoindre en Turquie où il vit et où '' rien ne manque ''.


Dachau


'' L'Union turque européenne (ETU) veut ériger un monument en souvenir des '' Turcs musulmans et juifs victimes du camp de concentration de Dachau '' ! C'est une tromperie à nulle autre pareille '', déclare Haïm-Vidal Sephiha, professeur émérite, Université de Paris-Sorbonne, à GIN.

Et d'ajouter : '' Il n'y a eu aucun Turc musulman déporté à Dachau ou à Auschwitz. C'est une manœuvre pour la Turquie afin de se faire admettre dans l'Union européenne. Voici quelques décennies, Franco cherchait la reconnaissance des Nations unies : il a fait état du nombre de Juifs sauvés par le gouvernement espagnol durant la Seconde Guerre mondiale.

Il y a quelques années, la délégation turque au Conseil de l'Europe avait invité un groupe de chanteurs judéo-espagnols d'Istanbul afin de se produire à Strasbourg et de faire valoir la grande tolérance de la Turquie à l'égard de ses minorités.

Or, en 1942, sous le pouvoir de Ismet Inonu, un impôt extraordinaire - varlik vergisi - a frappé tous les Turcs proportionnellement selon leurs particularités : les Turcs arméniens étaient plus taxés que leurs concitoyens musulmans, et les Juifs turcs étaient énormément taxés. Nombre de Turcs ont été contraints de vendre leurs biens pour s'acquitter de cet impôt, et souvent déportés aux confins de l'Erzéroum, afin de casser des blocs de pierre. Beaucoup y sont morts. Les Juifs turcs ont eu peur et, dès la création de l'Etat d'Israël, ont fui leur pays. Il ne reste que 20 000 Juifs en Turquie.

La Turquie a laissé déporter ses citoyens juifs sans intervenir. Les Juifs turcs qui n'avaient pas de relation avec la Turquie ont été déportés comme juifs. Mes parents turcs ont été déportés dans des camps de concentration, après moi.

Les Femmes turques de Belgique et leurs enfants ont été envoyés à Ravensbruck. Les hommes turcs ont été envoyés, comme Turcs, à Buchenwald, et peu avant l'arrivée des Américains, ils ont été envoyés dans les trains de la mort jusqu'à Dachau où mon père est mort au lendemain de la libération. Nombreux sont ceux assassinés au cours de ce périple.

Le 28 février 1945, les femmes turques et leurs enfants, dont ma mère, ma tante et mes deux sœurs, ont bénéficié d'un accord entre la Turquie et l'Allemagne : l'Allemagne a échangé les femmes turques de Ravensbruck contre des prisonniers allemands. Elles ont voyagé jusqu'à Moda (Turquie), où elles ont été assignées à résidence et n'ont pas été rapatriées dans leur pays d'origine. A mon retour de déportation, avec mes 40 kilos, je suis allé à l'ambassade de Turquie où on m'a dit : '' Vous n'avez rien à dire. Vous êtes considéré comme un déserteur ''. J'ai répondu : '' J'ai été déporté. Vous êtes les déserteurs. Vous n'avez rien fait pour me sauver '' .

'' Dans la liste du camp de concentration de Dachau figurent les noms de 25 prisonniers turcs dont quatre y sont morts. Près de la salle commémorative principale du Mémorial sont fixées de petites plaques pour des groupes de prisonniers. L'Union turque européenne (ETU) nous a demandé si elle pouvait y ajouter une plaque en hommage aux prisonniers turcs à Dachau. Lors de la cérémonie du 16 septembre, seront présents le Ministre bavarois de la Culture et des Affaires sociales, le Rabbin de Munich et le Maire de Dachau '', répond Dr Gabriele Hammermann, un responsable du Mémorial du Camp de concentration de Dachau, à GIN.

'' J'aimerais voir la liste des déportés turcs morts à Dachau. Je pourrais y reconnaître les noms de mes coreligionnaires, notamment celui de mon père, David Sephiha, et celui d'un autre Juif turc appelé Malalel. J'ai été arrêté le 1er mars 1943 en Belgique. Je n'ai pas tout de suite été considéré comme belge, mais comme turc : je suis né en Turquie. Ma fiancée non-juive a quitté la Belgique pour se rendre à l'ambassade de Turquie à Paris. Les diplomates turcs ont refusé de me reconnaître comme turc. J'ai lu des lettres de Juifs turcs internés dans des camps français adressées en judéo-espagnol à leurs proches, notamment celles de Raphaël Askenazi. Celui-ci demandait qu'on aille à l'ambassade de Turquie réclamer ses papiers. Jamais les Turcs ne les lui ont donnés '', déclare Haïm-Vidal Sephiha, professeur émérite, Université de Paris-Sorbonne, à GIN.

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Les Juifs turcs des pays occupés durant la 2ème Guerre Mondiale par Haïm Vidal Sephia

Les Juifs turcs des pays occupés durant la 2ème Guerre Mondiale

vidal

http://74.52.200.226/~sefarad/lm/062/html/page4.html

Nous recevons de notre ami Haïm Vidal Sephiha cette libre opinion,


Je me permets de vous signaler que contrairement à une légende entretenue par les autorités turques afin de se faire admettre dans le concert des nations européennes, il n’est pas vrai que le gouvernement turc des années de guerre ait protégé tous ses "sujets" des pays occupés.

Né turc à Bruxelles en 1923, devenu belge en 1938, j’ai été arrêté le 1er mars 1943 et déporté le 19 septembre 1943 à Auschwitz après maintes démarches, pendant cette détention, auprès du corps diplomatique turc de Paris., alors qu’à mon retour des camps, l’ambassadeur de Turquie à Bruxelles me jeta au visage ‘Pour nous, vous êtes un déserteur”. A quoi j’ai répondu qu’eux avaient déserté leurs obligations humanitaires en refusant de me protéger.

En outre, mes parents qui étaient restés turcs reconnus, ainsi que tous les Turcs juifs de Belgique furent déportés en 2 convois en octobre 1943, les femmes dont ma mère, mes soeurs et tantes à Ravensbrück, les hommes dont mon père, mon frère et mes oncles, à Buchenwald.

De plus, le 20 février 1945, la Turquie déclarait la guerre à L’Allemagne, arrêtait les Allemands de Turquie et les échangeait le 28 février 1945 contre les femmes turques de Ravensbrück, qui ne furent pas rapatriées en Belgique (alors libérée), mais par bateau en Turquie, à MODA, où elles furent assignées à résidence. D’où, à mon retour, avec mes 38 kg ma visite à l’ambassade turque de Bruxelles, pour réclamer leur libération, et la façon brutale dont je fus éconduit.

Les hommes, eux, n’eurent pas cette chance, en avril 1945 ils furent emmenés (du moins les survivants) à DACHAU où mon père mourut au lendemain de la libération de ce camp par les Américains.

ET, aujourd’hui s’y trouve un monument, élevé tout récemment par le gouvernement turc à la mémoire des dites victimes (Quelle perversité!!!) en fait, victimes à double titre, des Turcs qui les livrèrent aux Nazis en ne les protégeant pas, et des Nazis.

Bien sûr qu’il y eut quelques juifs turcs sauvés grâce au sentiments humains de quelques rares diplomates, mais qu’on aille pas comparer leur rôle à celui de Wallenberg dont on salit la mémoire en s’y référant.

Dans son "Mémorial de la Déportation des Juifs de France", Serge Klarsfeld signale que près de 1300 Juifs turcs furent déportés, 939 reconnus, 333 non reconnus. Wallenberg, à la place des diplomates turcs les aurait reconnu tous, et serait intervenu pour les sauver. La différence est là.

Enfin dernier élément dont personne ne fait mention, en 1942, le gouvernement turc décréta un impôt extraordinaire (le VARLIK VERGISI) différant selon les ethnies. Les Juifs furent ruinés et ceux qui ne purent s’acquitter même en réalisant leurs biens, furent déportés aux confins de l’Erzeroum.
Voilà ce que j’ai sur le cœur depuis si longtemps.

Je tenais à vous le faire savoir.

Je reste à votre disposition.

Très cordialement,

Haïm-Vidal SEPHIHA

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Haïm Vidal Séphiha (1923 - ....) est un linguiste et professeur émerite des universités. Il est l'instigateur des premiers travaux portant sur le judéo-espagnol, parlé aujourd'hui par un certain nombre de Juifs séfarades et a contribué à la défense et à la promotion de cette langue menacée.

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