Arkantz

Romancier et éditorialiste, Carl Eric Arkantz collabore régulièrement à la rédaction de magazines sur Internet, et est régulièrement publié dans la presse francophone.

21 novembre 2007

Le Prince des Faces - Extrait N° 9

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Trois brigades de sapeurs pompiers luttaient avec acharnement depuis près d'une demi-heure, d'après les informations qu'il glana ça et là. Les ambulances évacuaient des blessés légers dans un concert de sirènes.
Le Préfet de Police discutait avec le colonel des pompiers. Escortée par cinq motards de la gendarmerie, une voiture officielle déboucha sur la place dans un hurlement d'avertisseurs. Arrivé près des barrières, le véhicule ralentit, les agents lui ouvrirent la voie et formèrent un cordon de sécurité pour contenir la foule.
Le véhicule se gara derrière un fourgon gris de la police. Le conducteur quitta son siège et ouvrit la portière arrière droite. Le Ministre de l'Intérieur sortit, aussitôt encadré par des agents de protection rapprochée. Abandonnant le colonel, le Préfet alla accueillir le représentant du gouvernement. Opportuniste, Kendall lia la conversation avec un reporter de France Inter qu'il avait souvent croisé.
" Drôle de ramdam pour un incendie, Jeff !
- Ce n'est pas n'importe quel incendie, Douglas. C'est dans l'appartement du juge Tissier, Monsieur "Affaires" que le feu a pris naissance sans raisons apparentes.
- Enfin, un incendie c'est assez banal. Un mégot mal éteint, une fuite de gaz que sais-je encore, on peut tout expliquer. Mais de là à faire déplacer un Ministre en personne.
- D'après nos sources, primo le juge ne fumait pas, secundo l'appartement était équipé à l'électricité. Donc, il y a suspicion légitime. On avance l'hypothèse d'une bombe incendiaire.
- Et le juge ?
- Il en reste bien peu de chose, mon vieux. Un tas de charbon. "

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Le Diable de Çildir : Extrait N° 9

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Ébloui par le soleil, le capitaine Erol Mourad plissa les yeux, ce qui accentua la dureté de son regard. De la sueur perlait sur ses sourcils broussailleux. Il frotta l’une contre l’autre ses lèvres gercées pour les humecter de salive.

Mais sa bouche était aussi sèche que du carton. Il dévissa le bouchon de son bidon et s’aspergea le visage. Un visage buriné taillé en lame de couteau, barré par une moustache à crocs. L’eau tiède dégoulina sur son kaftan gris, serré à la taille par une large ceinture multicolore. Recru de fatigue, le capitaine pencha le buste en avant afin de décontracter son dos. Contre toute attente, il n’avait pas repéré la moindre avant-garde du général Karabekir qui, selon des rumeurs, regroupait ses forces au sud de Kars.

Il avait croisé une des caravanes de chameaux que conduisaient les Kurdes vers le plateau du Goeleh. Né à Igdir, le premier village russe après la frontière turque, il était Kurde Kizil-Bache du côté paternel, Grec et Arménien par sa mère. Ça faisait un mélange détonant dans ses veines, qu’il fallait assumer. Car au lieu de se sentir vraiment quelqu’un, il avait l’impression de n’être personne, surtout dans le regard des autres. Ni Kurde ni Grec ni Arménien, il lui avait fallu vivre dans un rejet permanent de ses « frères » de sang. Dans sa tribu, il était considéré comme un bâtard. Enfant, il avait eu du mal à l’accepter. Ça lui avait endurci le cœur et le caractère.

Un moucheron se posa sur sa joue mal rasée. Il chassa l’insecte du revers de la main, puis jeta un regard en arrière. Il emmenait à sa suite une escouade, des cavaliers kurdes pour la plupart, originaires du Dersim. Il connaissait leur endurance ; il avait éprouvé leur courage au feu. Pourtant à leur société, il préférait la compagnie des chevaux. Il flatta la crinière de son akhal-téké noir, un cheval majestueux que beaucoup lui enviaient. Debout sur les étriers, il se demanda s’il devait pousser plus au nord, en longeant la voie ferrée jusqu’à Norachen et, de là, jusqu’à Nakhitchevan. Depuis le début de la guerre, de violents accrochages opposaient musulmans et chrétiens de part et d’autre de la frontière. Aux exactions des uns répondaient les représailles des autres. Et rien ne semblait indiquer que cette spirale de meurtrière s’arrêterait, chacun s’accusant mutuellement de provocation. Le plateau de basalte brique et ocre offrait un aspect chaotique. Des cratères témoignaient de la violence des éruptions volcaniques. L’Ararat à lui seul avait dévasté des régions entières, détruisant villes et villages sous un déluge de cendre et de feu. Les habitants des alentours craignaient tellement ses colères que le moindre tremblement de terre créait immanquablement un sentiment de panique.

Le capitaine se le rappelait encore. Comme il se rappelait ces histoires que racontaient les anciens, le ciel de nuit en plein midi, la terre qui ouvrait ses entrailles pour engloutir les hommes, les corps en fusion qui trouaient le voile de poussière volcanique, les langues de laves qui ravageaient tout sur leur passage. Ce n’étaient que des histoires mais elles avaient terrifié bien des imaginations. Le capitaine s’engagea sur la route qui serpentait entre les cratères et les aiguilles rocheuses, certaines semblaient aussi acérées que des lames.

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17 novembre 2007

The different types of Champagne... and how to read the labels

The different types of Champagne...

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© CICV S.T.

...and how to read the labels



The categories of Champagne

The following are the six categories of Champagne, that are mentioned on the labels. The order in which they appear is not by order of the quality.

Vintage Year Champagne (Millésimé)

Every year can not be a vintage year. A vintage wine is special because it means that the year was a good year, even exceptional in terms of grapes and harvest. As usually Champagne is made by blending crus from different years, a vintage champagne is made of exclusively the year's harvest, and is matured at least 3 years before being reaching the market.

Prestige Vintage
(Cuvée de prestige)

It is the 'top' of the champagne producing house. It may or may not be vintage.
These vintages represent around 1% of the French consumption.

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Les caves © Ph. Praliaud / CDT Aube

Blanc-de-blancs

Made only with white grapes (pure Chardonnay), it may also be called just Chardonnay. This gives a light, fresh wine in which in which are detectable the typical aromas of this grape variety, such as the grapefruit for example.

Blanc-de-noirs

Made by the red grape types (Pinot noir or Pinot Meunier), the Blanc-de-noirs are strong, complex and structured wines.

Brut (no year)

This is the blending of different grape varieties, different years and different vineyards. It is by far the largest production of Champagne types. The Champagne is matured for at least 15 months on the wooden panels before it is put up for sale.
Very often the quality of the house is judged by the quality of this "basic" Champagne.


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Champagne Jacques Defrance - La cave
© Sedecs/Terroirs-of-France - M. Durman

Champagne rosé

This Champagne is usually mixed with a still red Champagne wine to obtain the required shade. This is a difficult operation as the red wine should not change the initial character of the cuvée. Another method used is by crushing the grapes followed by a maceration of the juice in contact with the skins of the grapes before pressing the grapes. This leads to the coloring and the flavor of a pink wine.

The vintages of Champagne

Although 250 wine-growing towns participate in the production of Champagne, there are only 17 grands crus (vintages).


The producers

Indicated in small capital letters at the bottom of the label.

N. M. : Négociant-Manipulant.
He makes or produces the wine. A brand of a négociant indicates a négociant-manipulant. M. A. : Marque d'Acheteur.
This is a secondary brand, found usually in supermarkets at lower prices because it is a less known wine, but not of a lesser quality.

R. M. : Récoltant-Manipulant.
He harvests and then produces the wines.

C. M. : Coopérative-Manipulante.
In the same way, he produces wine by the grapes harvested by others (members).

C. R. : Coopérateur-Récoltant.
He brings his grapes to be produced at the cooperation of which he is a member.

S. R. : Société de Récoltants.
It is a wine producers association.


Champagne grapes

Champagne boasts three grape varieties, and single-variety Champagnes are less common.

In most Champagnes, Pinot Meunier contributes to immediate fruitiness; Chardonnay gives finesse, longevity and flavors ranging from citrus to the very strong toasty flavors of maturity; and Pinot Noir adds an appley fruitiness initially, and ages well towards red fruit flavors. The color of rosé Champagnes has to come from Pinot Noir.

Chardonnay :
This world-famous white grape has spread right across the world from its original home in Burgundy. It makes the most famous dry white wines in the world. Chardonnays range from simple, lemony, appley wines to rich, opulent ones with honey, hazelnut, toast, butter, pineapple flavors … Some, such as fine white Burgundies, age extremely well. Chardonnay is one of the three Champagne grapes types, and the only type in Blanc de Blancs Champagnes. Pinot Meunier :
A close variety of the Pinot Noir, this red grape is one of the Champagne trio. It makes white wine, since the juice is squeezed quickly off the colored skins. Very occasionally it is vinified on its own in the Marne Valley, where it can make very full-bodied Champagnes not without finesse.

Pinot Noir :
The grape of the great red Burgundies, Pinot Noir probably originated in Burgundy. It ripens early, producing ruby-colored wines with delicious savory raspberry aromas, with firm tannins and fine acidity, developing exceptional aromas as they age. Pinot Noir is an important Champagne grape variety, indispensable for rosé and blanc de noirs Champagnes.

Outside France, wine producers are beginning to master the Pinot Noir in New Zealand, Germany, the USA and Australia.



We would like to thank the CDT of Aube for the information provided.

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16 novembre 2007

Toujours en grève...

Mais pas sur la grève, loin s'en faut !

En espérant que le blocage ne perdure, car les grèves plus c'est long, moins c'est bon,

Bon courage et bon week-end à tous.

Bien littérairement vôtre.

Carl E. Arkantz

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13 novembre 2007

En grève...

Intermittent de la littérature,
Ne cotisant à aucune caisse de retraite,
Ni à aucun régime général ou spécial, ni spécialement général, ni généralement spécial,
Prêt à travailler au-delà de mes 60 ans voire au-delà de mes 70 ans, si ma santé me le permet, peut-être jusqu'à mon dernier soupir,
Ne connaissant pas les 35 heures par semaine, mais plutôt les 35 heures en
48 heures...

Je me mets en grève !

Hélas, enfin pourquoi hélas, ma grève ne gênera personne, si ce n'est mes lecteurs.

Bon courage à tous ceux qui, ce 14 novembre 2007 et au-delà, si la grève perdure devront aller travailler, parce que travailler pour eux est vital...

J'y associe ceux qui, faisant la grève, se priveront de leur salaire.

Je ne peux m'empêcher de penser à cet agent de sécurité de la SNCF, qui à 27 ans ne se projette pas ailleurs qu'à la SNCF.
La seule ambition d'un jeune homme de 27 ans est-elle de faire toute sa carrière dans la même entreprise. Où est l'envie d'évoluer, le désir de progresser, le goût du défi ?

À méditer.

Posté par arkantz à 23:15 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

07 novembre 2007

Le Champagne... Un vin de légende (suite)

Le Champagne...

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© CICV S.T.

...Un vin de légende

Depuis 1927, une loi délimite le vignoble champenois en fonction de l'histoire viticole des communes, des lieux-dits et des parcelles. Et outre des règles de qualité, seuls trois cépages sont autorisés pour l'élaboration du champagne : le Pinot noir, le Pinot meunier et le Chardonnay.


Les catégories de Champagne

Il existe six catégories, dont la mention figure explicitement sur l'étiquette. Le classement qui suit ne doit pas nécessairement être considéré en ordre décroissant de qualité.

Millésimé

Toutes les années ne sont pas millésimées. Il faut que l'année soit bonne, voire exceptionnellement bonne, alors le producteur élabore un vin à base exclusive de la vendange de l'année. C'est un Champagne " Millésimé ". Cette cuvée est alors élevée trois ans avant sa mise en vente, au minimum.

Cuvée de prestige

C'est le « meilleur » de la maison champenoise que cette cuvée soit millésimée ou non. Ces cuvées ne représentent que 1% environ de la consommation française. Cette mention n'est significative que du sérieux de la maison qui l'élabore.

bouteilles
Les caves © Ph. Praliaud / CDT Aube

Elle est laissée à son appréciation. Ensuite, tout dépend du marché.

Blanc-de-blancs

Comme son nom l'indique, il est réalisé uniquement avec du raisin blanc (pur Chardonnay). La mention Chardonnay est synonyme. Cela donne un vin léger, frais, dans lequel on retrouve notamment des arômes de pomelos, typiques de ce cépage.

Blanc-de-noirs

Issu de cépages noirs tels le Pinot noir et/ou le Pinot meunier), il donne des vins bien structurés, complexes et puissants.

Brut (sans année)

C'est un large assemblage concernant différents cépages, différentes années, différents crus. C'est de loin le plus gros volume de la production. Le Champagne est élevé au moins 15 mois sur lattes avant sa mise en vente. C'est souvent sur la qualité de ce Champagne « de base » qu'est jugée la qualité d'une maison champenoise.

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Champagne Jacques Defrance - La cave
© Sedecs/Terroirs-of-France - M. Durman

Champagne rosé

Le champagne est la seule appellation à être autorisée de mélanger un vin blanc et un vin rouge pour faire du rosé. Le champagne est généralement coloré avec un rouge tranquille de Champagne. Quelquefois il est produit par saignée comme un vin rosé. Dans les deux cas, on y retrouve un peu de tannin, dont il faudra tenir compte dans les harmonies culinaires.

Beaucoup de ces éléments sont combinables entre eux, ce qui permet d'obtenir une infinité de types de Champagnes.

Les crus de Champagne

250 communes viticoles participent à la production du Champagne. Elles sont classées sur une échelle dite échelle des crus, de 80 à 100%. En fait on part des 100% pour fixer les prix entre négociants et vignerons. Ensuite le prix est dégressif en fonction du pourcentage accordé à chaque commune. Il n'y a que 17 grands crus. Soit 17 terroirs les plus nobles, auxquels on attribue 100%. Ce classement est fixé bien entendu par les autorités viticoles qui attribue ainsi sa place à chaque terroir. Cette règle fonctionne depuis 1911.

La nature du producteur

Elle est indiquée en petites lettres capitales, en bas et à gauche ou à droite.

N. M. : Négociant-Manipulant.
Il élève le vin. Ou bien le produit. Une marque de grand ou petit négociant indique un négociant-manipulant.

M. A. : Marque d'Acheteur.
Il s'agit d'une marque secondaire, que l'on trouve souvent en grande surface à moindre prix car il s'agit de vin de moindre renommée, à défaut d'être de moindre qualité.

R. M. : Récoltant-Manipulant.
Il récolte et vinifie ses raisins puis élève ses vins.

C. M. : Coopérative-Manipulante.
De la même façon, elle vinifie les raisins récolté par ses adhérents puis élève ses vins.

C. R. : Coopérateur-Récoltant.
Il apporte ses raisins à vinifier à la coopérative dont il est adhérent. S. R. : Société de Récoltants.
C'est une association de vignerons.

Exporté dans plus de 150 pays du monde, le Champagne s'est hissé au rang d'ambassadeur le plus prestigieux de la France à l'étranger.

Talleyrand l'avait qualifié de « vin de la civilisation ».

Et pour Voltaire :
« De ce vin français l'écume pétillante,
De nos Français est l'image brillante. »

Il n'est pas de plus beau compliment.


Nous remercions le CDT de l'Aube pour les informations qui ont permis la rédaction de cet article.

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06 novembre 2007

Crise au Pakistan

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Benazir Bhutto


Le 10 juillet dernier, dans une de mes chroniques, je m'inquiétais de la situation au Pakistan, à la suite de l'assaut contre la Mosquée rouge.

Le retour de Benazir Bhutto aurait pu présager une normalisation politique au Pakistan. Son arrivée fut hélas marquée par un terrible attentat qui coûta la vie à plus d'une centaine d'innocents.

Ces dernières 48 heures, l'évolution de la situation pakistanaise s'est encore un peu plus dégradée avec l'état d'urgence, décrété par le Président Pervez Mucharaf, déjà auteur d'un coup d'État en 1999.

La communauté internationale est inquiète. La stratégie américaine prendrait un coup rude si le Pakistan était déstabilisé. Encore que si cette déstabilisation profitait à la démocratie, le peuple pakistanais, qui est la principale victime de la situation, pris en otage entre l'autoritarisme des uns et l'intégrisme des autres, en serait, nous l'espérons, le grand gagnant. Car nous ne pouvons prédire quelles sont les forces qui prendront le dessus. Il est toujours à craindre que les tenants d'une radicalisation à l'afghane proches des Talibans ne réussissent à s'approprier le pouvoir. Avec la bombe atomique en de telles mains, ne risquerait-on pas un scénario on ne peut plus explosif ?

En tout état de cause, Le Grand Jeu n'en a pas fini de faire couler beaucoup de sang...

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04 novembre 2007

Arche de Zoé...

Marc Garmirian est libre...

Marc Garmirian (agence Capa), Jean-Daniel Guillou (agence Synchro X) et Marie-Agnès Peleran (télévision France 3 Méditerranée), les trois journalistes français, ainsi que les quatre hôtesses de l'air espagnoles ont été remis en liberté, sans pour autant avoir été disculpés des accusations qui pesaient sur eux.

Ils seraient à bord de l'avion présidentiel français en compagnie du Président Nicolas Sarkozy.

Restent les six membres de l'association l'Arche de Zoé, le pilote belge, un copilote et un stewart espagnol, et quatre responsables de l'est du Tchad.

Cette affaire rocambolesque, montée en épingle, ne doit pas faire oublier le drame du Darfour. Ce serait trop facile !

Là, nous assistons, malgré certaines voix qui s'élèvent pour en contester la réalité, à un drame humanitaire qui est un génocide.

Il est aisé d'ergoter sur les mots, de se voiler la face, de s'abriter derrière son écran dans le confort douillet d'une existence protégée plutôt que de dénoncer les crimes, et faire tout ce qui est en son pouvoir pour les faire cesser.

Le combat continue...




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03 novembre 2007

J’accuse…

J’accuse…

Les dirigeants politiques européens d’être sourds et aveugles lorsqu’ils persistent à croire que le gouvernement et les institutions turcs réussiront à réformer et à moderniser un pays qui en a pourtant terriblement besoin.

J’accuse certains dirigeants politiques européens de croire en l’angélisme des autorités turques, qui étranglent leurs minorités nationales, se moquent du droit élémentaire des gens, du respect des droits de l’homme et de la liberté d’opinion.

J’accuse les politiciens belges de laxisme et de lâcheté lorsqu’ils laissent mûrir en leur sein les ferments de la haine et de l’intolérance, en refusant de condamner les propos négationnistes de certains élus d’origine turque de leur parti, et en leur permettant d’attiser la vindicte de groupuscules nationalistes et mafieux.

J’accuse ces mêmes dirigeants de leur silence coupable, si ce n’est complice, lorsqu’un journaliste belge d’origine turque est molesté dans la rue, sans que la police n’intervienne pour le protéger.

J’accuse ces dirigeants de mépris et d’indignité lorsqu’ils abandonnent ce journaliste aux pressions haineuses et violentes de nationalistes sans foi ni loi si ce n’est celle qu’ils ont en leur haine et leur intolérance. C’est ainsi que Mehmet Koksal s’est condamné au silence pour préserver son existence et celle de sa famille. Parce qu’il sait que d’autres ont payé de leur vie leur engagement pour la vérité. On se souviendra longtemps du 19 janvier 2007 et du meurtre de Hrant Dink. L’enquête à peine close, les premières poursuites engagées contre des seconds couteaux, et déjà la justice turque s’acharne sur le fils de la victime. Est-ce tolérable ?

Mehmet Koksal se tait parce qu’un autre intellectuel turc de renom Taner Akçam, après avoir été sali par des nervis à la solde de l’Etat turc, craint pour sa vie pour avoir révélé la part d’ombre de la République turque et de l’Empire ottoman, cet acte honteux que les dirigeants d’Ankara s’évertuent à vouloir effacer de leur mémoire, de la mémoire de leur peuple, au moment même où certains de leurs concitoyens retrouvent les traces de leur passé. Il se tait parce que d’autres intellectuels turcs sont obligés de vivre sous la menace, loin de leur pays.

J’accuse les autorités britanniques de couardise lorsque pour dynamiter l’Union européenne, elles s’appuient sur le détonateur turc, comme lorsque dans le passé, elles ont sacrifié par intérêt des milliers de vies pour le pétrole. Souvenez-vous des propos de Lord Curzon.

J’accuse l’administration Bush de duplicité et de lâcheté, quand elle abandonne le peuple kurde d’Irak à l’armée turque qu’elle aide en sous main, comme on abandonne une victime expiatoire à son prédateur.

J’accuse l’Occident de lâcheté, de mépris et d’abandon, quand ayant oublié la question arménienne, euphémisme pour désigner le drame, la tuerie massive, l’exode sans espoir de retour de toute une nation chassée de ses terres d’origine, elle oublie aujourd’hui la question kurde. Si les Kurdes ont eu recours à la violence, comme hier les Arméniens, les Juifs en Palestine, les Palestiniens au Proche-Orient, les Karens en Birmanie, ce n’est ni par gaieté de cœur ni par goût du sacrifice, mais par la nécessité de se faire entendre lorsque le monde reste sourd à leurs revendications. Certes, aucune violence n’est excusable. Le mépris ne l’est pas non plus. Après avoir utilisé les Kurdes dans leur plan d’extermination de la nation arménienne, le gouvernement turc ne les a pas remerciés pour autant que par sa volonté de mettre fin à leur existence, d’ignorer et d’anéantir leur langue et leur culture, de les punir d’avoir avoué qu’ils participèrent au crime de génocide, et d’avoir demandé pardon à leurs victimes et à leurs descendants.

L’Allemagne s’est grandie en condamnant les crimes du nazisme et l’holocauste. L’Allemagne s’est grandie lorsque son chancelier, Willy Brandt s’est agenouillé en 1971 devant le mémorial de l’holocauste. Quand le Président de la République turque ou son Premier ministre viendront-ils se recueillir à Erevan au mémorial du génocide des Arméniens de Dzidzernarkapert ?

Israël honorera la mémoire de l’Humanité, en reconnaissant comme ses pères fondateurs, ce génocide oublié qui devait préfigurer l’holocauste, ce qu’avaient compris en leur temps Raphaël Lemkin ou Frantz Werfel, notamment.

Les Etats-Unis honoreront la mémoire de leurs Justes, à commencer par Henry Morgenthau, leur ambassadeur à Constantinople durant la Première Guerre mondiale, en reconnaissant au sein de leur Congrès le génocide des Arméniens, en prévention de tous les autres génocides à venir, en mémoire de tous les génocides passés, sans se laisser pervertir par les chantages diplomatiques et les menaces honteuses.

Tant que perdurera ce mépris, ce silence et cette lâcheté… j’accuserai !

Carl E. Arkantz

 

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01 novembre 2007

Soutien à Marc Garmirian

La liberté d'informer ne se négocie pas.

Soutenons Marc Garmirian et les journalistes retenus au Tchad.

Signez la pétition qui sera adressée au Président de la République Française.

http://comitedesoutienamarcgarmirian.unblog.fr/

Nous comptons sur vous !

Carl E. ARKANTZ

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