Le 10 mai 1981, un président de la République de gauche mettait fin à vingt-trois années de présidence de droite qui de De Gaulle à Giscard d’Estaing avait relégué les partis communiste et socialiste dans l’opposition. Ce 10 mai marquait la rupture, et nous étions beaucoup alors bercés par des illusions ou remplis d’un nouvel espoir.

L’abolition de la peine de mort, l’arrivée de ministres communistes dans le premier gouvernement Mauroy, l’âge de départ à la retraite avancé à 60 ans furent sur le moment et respectivement des avancées humanistes, des craintes infondées ou des erreurs à court terme.

Après cinq ans de barre à gauche (avec quelques dérives vers la droite), il y eut la cohabitation entre François Mitterrand et Jacques Chirac – une première ; puis la réélection de Mitterrand en 1998 et une seconde cohabitation avec Édouard Balladur. Élu en 1995, Jacques Chirac connaîtra une cohabitation à son tour avec Lionel Jospin, après une dissolution incompréhensible en 1997. Dernièrement, Jacques Chirac n’a pas caché sa préférence pour François Hollande. Certains prétendent à tort ou à raison qu’en 1995 il aurait passé un accord avec Mitterrand pour permettre à la gauche de revenir aux affaires.

Ce 10 mai 2012 aura pour la gauche une saveur particulière car il coïncidera avec l’élection d’un autre François à la magistrature suprême. Et ce 10 mai encore (déjà dès le 6), les uns seront bercés d’espoir comme d’illusions, les autres de craintes et de remords. Les premiers croiront que tout est possible, les seconds se prépareront de nouvelles échéances.

Pourtant, la France est à réformer. Cela est vrai depuis longtemps. En son temps, Alain Peyrefitte pointait le mal français dans un ouvrage éponyme. Il faudrait que parfois nos élites éthérées s’y replongent. Ce serait une source d’inspiration pour leurs actes comme pour leurs paroles.

En parlant de paroles, un parolier célèbre, le grand Dimey (on n’en sort vraiment pas) écrivait :
« Si ma main droite est un peu gauche, elle sera plus adroite demain.» [1]

Bon anniversaire… mais il n’y aura pas de gâteau pour tout le monde.

[1] La Fauche (Bernard Dimey-Armand Seggian)