...et autres petites compromissions

Yann Piat

In memoriam Yann Piat (1949-1994)

Pas de Pau pour François, enfin l’autre François dit le Béarnais. Ni de pot d’ailleurs fut-il aux roses.

La vérité, ou le pot susmentionné, est que la trahison ne paie pas. Peut-on dire de notre brave François qu’il ait trahi ? Il a choisi entre Nicolas et François le Petit, en offrant son soutien à ce dernier. Ce doit être la collusion des François sans doute. Mais cette collusion-là n’a pas été bien comprise des militants et plus encore de son électorat. On pouvait encore admettre que notre Béarnais n’aimât pas Nicolas. Ne lui avait-il pas ravi la place dont il rêvait ? L’occasion était trop belle avec une chance sur deux de miser sur le bon cheval, du moins de mieux placé dans la course à l’Élysée. D’ailleurs, les bookmakers n’en faisaient pas mystère, le Corrézien était donné gagnant à 9 contre 1, ou plutôt le « Neuilly soit qui mal y pense » perdant avec la même cote.

Il ne prenait pas de gros risques, François le Béarnais. Il espérait juste que le camp de la rose lui retournerait la monnaie de sa pièce, un peu comme les trente deniers de… celui qui vendit un certain Jésus aux Romains. Comment déjà ? Ah, oui ! Judas. Ne parle-t-on pas d’un baiser du même nom ? Mais dans notre histoire, c’est François le Béarnais qui se serait fait… (dois-je vraiment préciser ?)

Il se sera fait coiffer sur le Pau tôt, non le poteau par la candidate à la rose. Dommage, François ! Erreur de calcul, mais pas fatale.

De l’autre côté, Nadine la mord. La poussière bien entendu. Ce n’est pas la mort à no passaran. Mais à trop courtiser les extrêmes, on ne récolte pas grand chose, si ce n’est des embrouilles. Marine ne l’avait pas blacklistée, mais son attirance pour la grande bleue l’aura fait blackbouler. Certes, Nadine dira qu’il ne faut pas mésestimer 16% des électeurs, mais il y a des maux qui valent qu’on n’en dise pas trop… de mots bien sûr. Passer par la Lorraine doit se faire désormais sans gros sabots, mieux vaut jouer sur le fil.

NKM n’a pas cédé. Elle a trompé les pronostics qui la donnaient battue. Les manœuvres de la Marine n’y ont rien fait. C’est la Marine qui a pris l’eau. Touchée, on la souhaiterait coulée. Cela reste un souhait, réalisable lorsque ceux qui lui font les yeux de Chimène ne verront d’elle qu’une Chimère.

Toujours est-il qu’avec sa jeune nièce et son grand « bavard » aux deux « L » pour mieux voler au secours des vieilles idées dans l’hémicycle, la Marine et papa peuvent se consoler. La dernière représentante du FN au Palais Bourbon, la regrettée Yann Piat qui était passée à l’UDF avait fini assassinée en pleine rue, à Hyères, le 25 février 1994. Destin tragique que personne ne souhaiterait à son pire ennemi.

Bonne législature à ces nouveaux représentants du peuple quelle que soit leur couleur, en espérant qu’ils n’en voient pas de toutes.

Bien littérairement.