Tahra bey

Hypnose... du spectacle à la thérapie

…ou quand la médecine la ramène

Longtemps décriée par la faculté comme étant pratiquée par des charlatans, l’hypnose trouve désormais grâce aux yeux de la médecine. À tel point que nos chers praticiens s’en servent dès à présent pour traiter les addictions ou en complément à l’anesthésie. Lors d’un reportage consacré à ce sujet, France 2 en a même fait la promotion. Ce n’est pas la première fois que la grand’ messe cathodique braque ses feux sur l’hypnose. À l’époque où nos médecins étaient bien incapables d’expliquer certains phénomènes, des praticiens développaient des techniques de suggestion. Pourtant, l’hypnose ne date pas d’hier. En Mésopotamie, il y a plus de 6000 ans, un manuscrit sumérien décrivait déjà des guérisons obtenues par des techniques d’état modifié de conscience. Des Sumériens aux Égyptiens, l’hypnose évolue au fil des siècles.

Le terme même d’hypnose nous vient du chirurgien écossais, James Braid (1841). John Elliotoson, professeur de chirurgie introduit à la même période cette technique pour les anesthésies.

En France, en 1866, Ambroise-Auguste Liébault, un médecin de campagne persuade le professeur Hippolyte Bernheim de l’importance de l’hypnose ; cette collaboration donne naissance à l’école de Nancy. Étrangement, c’est par un conflit entre cette école et celle de la Salpêtrière fondée par Charcot que le crédit de l’hypnose va être entamé.

Freud a été extrêmement intéressé pas l’hypnose. Et jusqu’en 1934, il enverra certains de ses patients consulter des hypno-thérapeutes.

Aux États-Unis, qui les travaux du médecin américain Milton Erickson donneront naissance à l’hypnose dite Ericksonienne. C’est à partir de ces travaux que Richard Bandler et John Grinder dans les années 1970 créeront la PNL.

Que la France soit pionnière dans certains domaines se vérifie souvent. Qu’elle soit également l’inspiratrice de querelles de clochers, de conflits d’intérêt et de méfiance mutuelle aussi. Alors qu’en France, les médecins traditionnels et les praticiens de l’hypnose se crêpaient si l’on peut dire le chignon, partout ailleurs des chercheurs se penchaient sur le phénomène et creusaient de nouvelles pistes.

Les formations en hypnose attirent nombre de praticiens, psychologues, formateurs ou coachs, mais également toute personne désireuse de se lancer dans l’hypnose thérapeutique. Notre caste médicale craignant cette concurrence essaie de dissuader les patients de recourir à des non-médecins. En 1954, à Paris, un célèbre fakir qualifié d’illusionniste réussit une hypnose collective par les ondes radiophoniques. Il fut appelé à réveiller de nombreux sujets que les médecins débordés n’arrivaient pas à faire revenir. Cela créa pour cet artiste un regain de notoriété. Lors de la conférence de presse qu’il donna, il traita les médecins français de charlatans. Un prêté pour un rendu que le très respectable Ordre des médecins eut du mal à avaler. Il ne fallut pas moins de quelques pressions sur les autorités pour que cet Égyptien, ami du roi Farouk soit expulsé. Il s’appelait Tahra Bey. Né à Constantinople, cet Arménien finira ses jours au Liban.

Ne nous trompons pas de débat. Même si en matière d’hypnose l’intérêt est avant tout celui du patient, la médecine est loin de détenir la vérité en la matière. Et elle devrait apprendre à balayer devant sa porte. Quant à nos médias, ils devraient apprendre à donner la parole à tous pour une information objective, au lieu d'être l'officine du penser correct.

Bien littérairement.