Le trop plein d’information aussi

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La carence de liens sociaux aurait mené à l’extinction de l’homme de Néanderthal. Aurait-il eu les yeux plus gros que le ventre ?

C’est ce qu’atteste une sérieuse étude britannique. Après avoir comparé les crânes fossiles de 32 humains modernes et 13 Néandertaliens, datant de 27 000 à 75 000 ans, Eiluned Pearce et Robin Dunbar, de l'Université d'Oxford et Chris Stringer, du musée d'histoire naturelle de Londres ont publié leur analyse en ce sens dans la revue Proceedings B de la Royal Society britannique. À capacité crânienne (ou cérébrale) égale à celle de l’homme moderne, il semblerait que la taille plus importante de ses orbites attesterait de facultés de vision supérieure à celle régissant les rapports sociaux.

Ainsi, en manque de liens sociaux ou tout au moins avec des liens sociaux moins développés, l’homme de Néanderthal aurait eu moins de possibilité de survie, notamment en cas de pénurie alimentaire. En outre, il semblerait que des groupes humains de taille réduite aient été plus enclins aux migrations avec les difficultés d’adaptation afférentes. Moins d’échanges supposent également, moins de transmission du savoir et des connaissances. Et chacun sait que lorsque cette chaîne est rompue et que l’individu ne sait plus innover, l’extinction de l’espèce n’est plus qu’une question de temps.

Nos contemporains sont-ils néanmoins à l’abri d’un tel destin ?

On pourrait en douter. L’accumulation des outils et des techniques de communication développe surtout la vision plus que le raisonnement. L’homme moderne absorbe quantité d’informations visuelles, au détriment des facultés auditives (avec la saturation du décibel) ou olfactives (on sait que l’homme a perdu son odorat). Quant aux sensations kinesthésiques, à savoir le toucher ou le ressenti physique et corporel, elles risquent de décroitre de plus en plus avec l’isolement des individus face à des machine et au développement de relations virtuelles.

L’arrivée du Web 3.0 ou sémantique apporte une touche supplémentaire. Ainsi, lorsque les machines seront capables sans erreur d’analyser le contenu des flux Internet, un nouveau cap sera atteint. Est-ce que le cocktail mêlant la robotisation, l’essor de l’intelligence artificielle et la virtualisation des rapports sociaux ne ferait pas craindre une prochaine extinction de l’espèce humaine.