Aux Indes violentes

les accusés

Le 29 décembre 2012, une jeune étudiante indienne était violée dans un autobus à New-Delhi par plusieurs individus qui avaient au préalable molesté son compagnon. L’indignation qu’avait suscitée ce viol en Inde et au-delà mettait en exergue un malaise dans la société indienne, où les femmes subissent continuellement des attouchements ou des agressions sexuelles.

Selon les chiffres du Bureau national des statistiques criminelles indien, une femme est violée toutes les 20 minutes en Inde. Cela placerait l’Inde en 5ème position pour le nombre de viols ayant donnés lieu à une plainte. Officieusement avec 60.000 viols par an (mais seulement 5% déclarés), la Suède serait en Europe le pays où se commettraient le plus de viols après les États-Unis.

Le viol doit être considéré comme un crime au sens où il détruit la victime et laisse des séquelles à vie, lorsque le viol n’est pas le préalable d’un meurtre. La jeune étudiante indienne devait d’ailleurs décéder de ses blessures.

Le 15 mars, une touriste de 39 ans et son partenaire, tous deux de nationalité suisse, avaient été agressés dans la nuit par un groupe de sept ou huit hommes dans un village proche de la ville de Datia, dans l'État du Madhya Pradesh.

Le mari avait déclaré à la police que deux ou trois hommes le tenaient pendant que quatre autres violaient son épouse. Celle-ci serait « hors de danger » et aurait pu quitter l’hôpital de Gwalior. Selon les sources diplomatiques suisses, elle serait « profondément choquée ».

Commis collectivement ou non, le viol est le signe de frustrations sexuelles, mais également le résultat de comportements culturels reléguant la femme à un statut d’infériorité. C’est pourtant dans la sphère privée de la victime que la majorité des viols ont lieu. C’est la raison pour laquelle peu donnent suite à des plaintes. Il faut bien entendu comprendre le traumatisme de la victime, qui préfère dans la plupart des cas oublier plutôt que de s’engager dans l’engrenage de la justice où le basculement victime-bourreau devient l’alibi du violeur. Salie par l’agression qu’elle a subie, puis par les justifications du coupable qui reversent les responsabilités, la victime est « tuée » une deuxième fois. Tuée dans son intégrité physique et morale, elle aura souvent beaucoup de mal à se reconstruire.