De la mort en réel à la mort en direct !

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La famille devant le poste... Les Simpson

En 1982, Yves Boisset réalisait « Le Prix du danger ». Ce film de science-fiction se déroulait dans une société futuriste qui pourrait être la nôtre aujourd’hui, où une chaîne de télévision avait lancé un jeu de la mort. Un candidat doit rejoindre un lieu secret en évitant cinq hommes venus pour le tuer. S’il en réchappe, il empoche une récompense. Le nouveau participant, François Jacquemard, joué par Gérard Lanvin se rend compte que ce jeu est truqué pour faire de l’audimat.

Adaptation d’une nouvelle éponyme de Robert Sheckley (The Prize of Peril – 1958, ), la fiction aurait-elle rejoint la réalité ?

Le 22 mars 2013, Gérald Babin (25 ans), un candidat de l’émission Koh-Lanta au Cambodge décédait apparemment d’un arrêt cardiaque. Le 1er avril, le médecin de l’émission, Thierry Costa (38 ans) se suicidait.

Bien que le PDG de TF1, Nonce Paolini, ait réagi dans un communiqué : « Toutes les équipes de TF1 s'associent à la douleur de sa famille qui vient de perdre un être proche dans des circonstances terribles », cela suffit-il à lever le doute sur des émissions où le danger et les limites de l’endurance sont à ce point présentes pour créer de l’audience.

On est bien loin de l’émission « La Tête et les Jambes ». Ce jeu télévisé, créé par Jacques Antoine en 1957, fut diffusé à partir du 20 octobre 1960 par l'ORTF.

Il associait deux candidats : Le premier (« la tête ») répondait à des questions complexes sur un thème précis. En cas d'échec, un sportif de haut niveau (« les jambes »), devait le rattraper en réalisant une performance minimum afin de permettre à « la Tête » de rester en jeu. Perdre la « Tête », on ignorait alors que la télé ferait ce ravage.

On était loin à cette époque des rêves d’audimat, la télévision se voulait distractive et familiale. Ni la crise, ni le chômage, ni l’espoir d’un gain important ne motivaient les candidats (même si les 100.000 Francs de 1960 représentaient alors une somme attractive). On peut néanmoins estimer que les 100.000 € versés au gagnant de Koh-Lanta ne sont pas grand-chose, compte tenu des risques pris par les candidats. « Qui veut gagner des Millions » rapporte beaucoup plus en moins de temps et assis confortablement dans un fauteuil.

Si l’argent reste un moteur, la vie n’a pas de prix. Il est difficile de dire si Koh-Lanta survivra. Une chose est sûre, les annonceurs comme la production n’y renonceront pas aussi facilement. On savait que la télé rendait fou (depuis Bruno Masure), aujourd’hui elle tue !