Peter O’Toole ou le jeu des extrêmes

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La seule certitude de la vie, c’est la mort. La mort sur scène est toujours un coup de théâtre, où sauf malencontreux hasard, le défunt ressuscite sur les planches pour un dernier salut au public. Peter O’Toole avait débuté par la scène shakespearienne sous la direction de Lawrence Olivier. C’est pourtant un autre Lawrence tout aussi anglais qui allait le faire entrer dans la légende : Le colonel Lawrence plus connu sous le nom de Lawrence d’Arabie.

Récompensée par 8 oscars, cette épopée de David Lean sur une musique de Maurice Jarre donna à l’acteur irlandais l’un de ses meilleurs grands rôles. Il ne reçut pourtant pas la statuette pour son interprétation de ce personnage torturé. Le colonel Lawrence, héros contesté, ne fut-il pas un admirateur d’Adolf Hitler ? Et son étrange accident n’était-il pas une exécution, organisée par les services secrets britanniques ?

Amoureux des excès, Peter O’Toole connut la lumière et l’ombre, l’ivresse et la démesure, la grandeur et l’oubli de ses pairs jusqu’à ce qu’un oscar d’honneur lui soit décerné en 2003 pour l’ensemble de sa carrière.

A 81 ans, le Lion en Hiver s’est définitivement endormi à l’ombre de Lord Jim. Il voyage aux confins du désert où Alec Guinness et Anthony Quinn attendent déjà ce Lawrence éternel. C’est la Nuit des Généraux pour cette dernière bataille perdue dans La Guerre de Murphy. L’Homme de la Manche a traversé le Styx, comme Hector à Troie. Reste la voix d’Anton Ego… sur ces images du passé. Good Bye, Mr Chips !