Ou quand la Paix en prend un coup

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Lors de son traditionnel angelus dominical du 26 janvier 2014, le pape François avait notamment adressé ses prières pour la paix en Ukraine. Afin de joindre le geste à la parole, un lâcher de deux colombes avait été prévu, et deux enfants avaient été choisis pour l’occasion afin d’aider le pape pour cet événement.

« Donnez-nous mille colombes », chantait Mireille Mathieu. Deux suffisaient à des « voyous » ailés pour perturber la « cérémonie ». Un corbeau assisté d’une mouette vinrent fondre sur les innocentes colombes en gratifiant l’assistance des pèlerins médusés, réunis sur la place Saint-Pierre, d’un sanglant combat aérien.

Les colombes en réchappèrent, l’une fut complètement déplumée. Certains iront chercher dans cette mésaventure aviaire des signes, des augures plutôt mauvais en la circonstance sur les chances de Paix en Ukraine.

Symboliquement, la colombe représente la Paix. Errant entre le monde de morts et des vivants, lié à la guerre chez les Celtes et les Scandinaves, le corbeau a moins bonne presse sous nos latitudes. Nourricier du prophète Élie ou preuve de la persévérance pour Jésus, le corbeau est devenu un oiseau de « malheur » pour les chrétiens et les musulmans. Pour les Grecs, cet oiseau sacré d’Apollon aurait trahi son maitre en relâchant sa vigilance sur la princesse Coronis, fille du roi Phlégias ; aimé d’Apollon, elle succomba à la tentation d’un autre. C’est ce même corbeau que les civilisations asiatiques et amérindiennes vénèrent.

Alors qu’il dérivait sur son arche, Noé utilisa les services d’un corbeau et d’une colombe. Le premier revint bredouille, la seconde ramena le rameau d’olivier porteur d’espoir sur la présence d’une terre proche. Ce fut sur le mont Ararat en Arménie (et non en Turquie qui n’était pas en état de gestation à cette époque) que s’échoua ladite arche. Ararat, mot hébreu, signifie « le fléau est reversé ». Dans cette histoire, on aurait pu croiser la mouette ou le goéland qui l’une comme l’autre sont synonymes de liberté. La Paix, la guerre, la mort, la liberté, n’est-ce pas en abrégé les menaces et les espérances qui se penchent sur notre monde, et notamment en Ukraine où les chantres d’une certaine liberté jouent avec les illusions des uns et le ressentiment des autres. La liberté des marchés n’a rien en commun avec la liberté des peuples.