Ne nous étonnons pas

Call of Duty

Depuis sa « libération en 2003 grâce à l’intervention américaine », l’Irak n’en peut plus de mourir. Alors que les regards compatissants de l’Occident s’attardaient sur les manifestants de la place Maïdan à Kiev, les Djihadistes poursuivaient en Irak une guerre terroriste avec des attentats quasi quotidiens dans une indifférence quasi générale des habituels donneurs de leçons.

Dans L’Art de la Guerre au chapitre III La Stratégie Offensive [1], Sun Tzu a dit : « Dans la guerre, la meilleure politique consiste à prendre l’État adverse intact, l’anéantir ne serait qu’un pis-aller.» On voit que le non-respect de cette recommandation a pu détruire des pays comme l’Afghanistan, l’Irak ou la Libye. Et on ne peut constater l’ampleur des dégâts en Syrie où au lieu de chercher une solution politique que, de gré ou de force, Damas aurait accepté en composant avec la véritable opposition, cette dernière n’avait pas été marginalisée par les uns et les autres au profit de mercenaires étrangers combattant à la fois la rébellion intérieure et les forces loyalistes.

« Si nous avons entendu parler de précipitation malencontreuse dans la guerre, nous n’avons pas encore vu d’opération habile traînant en longueur [6]. Car on n’a jamais vu de guerre prolongée profitant à un quelconque pays [7]. » [1]

Une guerre se gagne avec une bonne préparation. Les dernières guerres menées par l’OTAN, les États-Unis ou la France se sont toutes soldées par des fiascos dans le long terme, humanitairement et politiquement parlant.

La décomposition de la Yougoslavie comme de l’Union soviétique avec la chute du mur de Berlin a été un séisme qui a laissé croire à l’Occident avec les États-Unis à leur tête que leur système avait remporté une victoire finale. Ils ont seulement oublié que la faillite du communisme de laboratoire initié pas Lénine n’était que l’arbre cachant la forêt de l’implosion prochaine du capitalisme sans éthique, pilleur des richesses et des ressources pour le plus grand bonheur de quelques nantis.

L’appétit de l’argent et du profit faciles au détriment des plus faibles militairement a été l’enjeu de toutes les guerres modernes. La montée au pouvoir d’un Adolf Hitler n’a été possible qu’en entretenant la misère économique et morale d’un peuple allemand humilié par le traité de Versailles de 1919. Ce n’est qu’avec l’appui de groupes industriels et financiers que le fossoyeur de l’Europe a pu hypnotiser un pays tout entier et même au-delà de ses frontières afin de mettre le Monde à feu et à sang. Jamais les investissements américains en Europe n’ont eu à souffrir des bombardements alliés. Aucune usine américaine en Allemagne n’a été touchée par une bombe. Par contre, des édifices religieux n’offrant pas le moindre intérêt stratégique ont été rayés de la carte.

Réduire un peuple au néant, c’est s’attaquer à ses fondements culturels, religieux, politiques. Le génocide des chrétiens d’Irak, prolongation de celui des Arméniens, Assyro-Chaldéens et Grecs pontiques de 1915 n’est que le sinistre héritage d’une horreur déjà banalisée par les jeux vidéo proposés aux adolescents, semant en eux la graine de la confusion entre réalité et fiction dans le rejet de l’autre.



[1] Sun Tzu L’art de la Guerre – Chapitre II : La conduite de la guerre