Impair et passe

deniro

Roulette, Russes, Vietnam, Enfer...

Dans Sudinfo.be, voilà une information qui peut soit prêter à sourire (jaune évidemment), intriguer ou plutôt inquiéter. Le roi Abdallah d'Arabie saoudite prévient : « Dans un mois, les djihadistes pourraient frapper en Europe...»

S’agit-il d’une menace ?

D’aucuns nous affirment que lesdits djihadistes sont armées et financés par le Qatar et l’Arabie saoudite justement. Si l’on s’en tient à cette affirmation, alors le roi Abdallah lance un avertissement à l’Europe par une menace d’attentat probable d’ici un mois.

À moins que l’Arabie saoudite, en tant qu’État, n’ait aucun rapport avec ces terroristes, le roi Abdallah règle ses comptes avec le Qatar, qui serait le seul commanditaire. On sait que ce n’est guère la lune de miel entre ces deux pays du Golfe, la Qatar ayant été accusé par l’Arabie saoudite de surenchérir dans la crise syrienne.

Il est également à souligner que l’Arabie saoudite ne voit pas d’un bon œil l’émergence d’un califat, supprimé par Atatürk, qui viendrait empiéter sur son rôle de gardien de la Mecque et de l’héritage du Prophète. En effet, ce califat ne risquerait-il pas de s’arroger le titre de « guide » suprême de l’islam sunnite et de déclarer la guerre aux monarchies du Golfe ayant frayé avec le grand Satan américain ?

La créature se serait-elle retournée contre son maître ?

Al Qaïda est une émanation de la CIA, créée de toutes pièces pour combattre les soviétiques en Afghanistan. Aujourd’hui, Al Qaïda semble relégué au second rang par l’EI. Est-ce un retrait de façade ou le miroir aux alouettes ne ferait-il plus recette ?

Il est possible que l’organisation de Ben Laden n’attire plus suffisamment de candidats à la guerre sainte, et que les habiles créateurs de la succursale terroriste aient été obligés de modeler un nouveau monstre plus effrayant que le premier.

Al Qaïda a servi à l’administration Bush en l’utilisant dans les attentats sur le World Trade Center et sur le Pentagone comme prétexte à la guerre contre l’Afghanistan des Talibans et à l’invasion de l’Irak de Saddam Hussein. Géostratégiquement parlant, il s’agissait surtout d’encercler l’Iran par l’est et l’ouest, mettre la main sur le pétrole irakien et contrôler l’opium afghan. Le marché de la drogue permet de financer celui des armes. Les armes servent à équiper des groupes terroristes chargés d’entretenir l’insécurité et de déstabiliser des gouvernements ennemis. Le pétrole est nécessaire à l’indépendance énergétique des puissances occupantes.

Lorsque le pétrole irakien est passé entre les mains des Kurdes à Kirkouk, cette belle mécanique a été enrayée. Les Kurdes en ont conçu l’opportunité  de pouvoir enfin bâtir un État indépendant, tout en soutenant financièrement le PKK en Turquie et les Kurdes d’Iran ou de Syrie grâce aux revenus pétroliers. Que ce scénario n’ait fait ni l’affaire de la Turquie, ni des Américains ne fait aucun doute.

Pour tuer ce projet dans l’œuf et freiner les ambitions des BRICS en agissant sur la Russie, la tentative a été lancée de faire de la Syrie le même champ de désolation que la Libye en profitant des révolutions colorées. On notera au passage les baisers de Judas de l’Occident à Kadhafi ou à Bachar, seuls bastions contre l’islamisme avant de passer à la trahison et à l’exécution sommaire du fantasque Libyen et de la diabolisation de l’héritier d’Hafez. Certes, l’un comme l’autre sont loin d’être des modèles de sainteté, mais ceux d’en face ne valent guère mieux sous leurs dehors respectables.

Affaiblie, l’opposition démocratique syrienne en fait les frais, prise entre l’enclume de Damas et le marteau de l’EI. Une alliance de cette opposition avec Bachar avec des concessions de part et d’autre serait nécessaire pour en finir avec l’EI. C’est une carte que pourrait jouer la Russie.

Doit-on s’attendre à des actions du Djihad ?

Cela fait hélas parti des sombres calculs des assassins en cols blancs qui les utilisent.