Ou presque personne

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Avec 176 voix contre 118 et 23 abstentions, les députés ont adopté le principe de déchéance de la nationalité, alors que la veille dans un hémicycle quasiment vide ces mêmes députés avaient voté l'inscription dans la constitution de l'état d'urgence.

Après les attentats du 13 novembre 2015, le Président de la République a déclaré l'état d'urgence. Mesure exceptionnelle, cette décision avait pour principal objectif de rassurer la population par un renforcement de la sécurité et un pouvoir plus important donné aux services de police.

L'avertissement du 7 janvier 2015 n'avait apparemment pas suffi. Bien que le renseignement français ait continué sa surveillance des milieux djihadistes, il semblerait que celle-ci n'ait pas été suffisante pour contrecarrer les attaques de novembre, lancées depuis la Belgique. A la décharge de la police et du renseignement, il faut toutefois signaler la faiblesse des moyens face à des réseaux très volatiles et structurés. Il ne faut pas négliger non plus la manipulation de certains de ces réseaux par des services secrets étrangers ni leur capacité financière soutenue par des États du Golfe notamment.

La faillite n'est pas uniquement imputable aux services de sécurité nationale mais plus sérieusement à la classe politique. Dans le domaine diplomatique, la France et plus généralement l'UE ont aveuglement emboîté le pas de Washington tant contre la Syrie que la Russie.

Au nom des soi-disant droits de l'Homme, repris par un intelligentsia française manquant de cervelle, la France a condamné le régime de Damas, alors qu'on sait de source sûre que, si ce régime n'était pas un modèle de démocratie, la rébellion a été fomentée et téléguidée de l'extérieur à l'instar de la Libye ou de l'Egypte. Les printemps arabes se sont arrêtés aux portes de Damas, grâce ou à cause (c'est selon) du soutien de la Russie.

La Russie a été mise au ban de la société après la destruction du vol MH 17 de la Malesyan Airlines sans que l'enquête n'ait pu déterminer les vraies culpabilités, malgré les affirmations claironnées par le département d'Etat américain.

L'Ukraine est enfin avec la Syrie l'une des erreurs tactiques de l'Occident qui au lieu de se rapprocher de la Russie joue le jeu dangereux des NeoCons américains.

Le manque de clairvoyance de notre classe politique risque de se payer cash, mais combien de victimes innocentes encore pour qu'elle prenne conscience de ses errements.

Un changement de premier ministre ne serait qu'un symbole bien illusoire.