In Memoriam

Jo Cox

Suite à une agression à Birstall (commune du Nord de l’Angleterre), la députée travailliste du Yorkshire Jo Cox est décédée suite à ses blessures en début d’après-midi, ce 16 juin 2016. Militant pour le maintien du Royaume-Uni au sein de l’Union Européenne mais également impliquée dans le drame syrien, Jo Cox avait 41 ans.

Les premières informations ont fait état d’une agression à coups de couteau puis par balles devant une bibliothèque par Thomas Mair, un sympathisant des milieux néo-nazis américains de 52 ans qui a été arrêté. Selon des témoins repris par la presse, il aurait crié « Britain first » (La Grande-Bretagne d’abord).

La campagne sur le BREXIT a été bien entendue annulée, toute la classe politique britannique étant profondément choquée par cet assassinat.

Au-delà de la douleur qui frappe la famille de la députée Jo Cox, l’exploitation politicienne qui pourrait en sortir serait des plus indignes. Certains pourraient s’en servir afin de manipuler l’opinion très divisée en Grande-Bretagne, alors que les partisans du BREXIT semblaient prendre un avantage.

Il est en effet trop facile de lier cet acte à un nationalisme britannique sur les simples dires d’une revendication comme « Britain first » et jeter l’opprobre sur le camp du LEAVE. Il ne fait pourtant aucun doute que quelques-uns suivront cette voie par pur opportunisme. Jouer sur les émotions peut faire basculer un scrutin et les exemples tout au long de l’histoire ne manquent pas.

En reprenant les informations dont nous disposons, on peut relever que le meurtrier n’a pas agi instinctivement mais avec préméditation. Puisque armé d’un couteau et d’une arme à feu, sa volonté de tuer sans laisser la moindre chance à sa victime semblait manifeste.

Si le sang-froid ne fait pas de doute, peut-on considérer que c’est l’acte d’un déséquilibré ? L’enquête sur l’agresseur apportera sûrement des réponses sur ces différents points.

L’engagement de la députée pour la cause syrienne ou contre l’esclavage pourrait mener à d’autres pistes que la police explorera. Dans le débat qui déchire actuellement les Britanniques, les résultats de ces investigations passeront néanmoins inaperçues.

La violence est partout dans le débat politique. Ne la retrouve-t-on pas dans les paroles de certains tenants de l’UE comme Jean-Claude Juncker ou Donald Tusk ?

On ne devrait pas mourir pour des idées ou son appartenance à la police ou à une communauté.

Jo Cox avait ses convictions. Nous espérons qu’elle ne soit pas morte à cause d’elles.

Qu’elle repose en paix. Toutes nos condoléances à sa famille.