Arkantz

Romancier et éditorialiste, Carl Eric Arkantz collabore régulièrement à la rédaction de magazines sur Internet, et est régulièrement publié dans la presse francophone.

02 octobre 2007

Espoir en Birmanie...

La démocratie a de l'eau dans le gaz en Birmanie. Trop d'intérêts sont en jeu pour condamner la répression féroce des manifestations pacifiques dans la capitale birmane. La Chine et la Russie essaient de temporiser. Au-delà, c'est l'approvisionnement des voisins asiatiques qui peut être en péril. Les enjeux économiques priment sur les droits de l'Homme.

Prix Nobel de la Paix, Aung San Suu Kyi est condamnée à la résidence surveillée. Alors que le peuple souffre de faim, les militaires de la junte au pouvoir encaissent les bénéfices de l'exploitation du gaz et des pierres précieuses.

L'émissaire spécial de l'ONU, Ibrahim Gambari vient de quitter la Birmanie après avoir rencontré Aung San Suu Kyi et le généralissime Than Shwe, le dirigeant de la junte birmane.

Faut-il croire encore en un espoir de paix et de concorde ?

Personnellement j'en doute...

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21 septembre 2007

Encore… et Encore…

Andalousie



Encore… et Encore…

Antoine Ghanem, député chrétien de l’opposition antisyrienne a été assassiné à Beyrouth dans un lâche attentat à la voiture piégée. De retour de Ryad, il était chargé de rapprocher les ennemis d’hier pour trouver une issue à la crise libanaise. C’était le 19 septembre dernier, soit cinq jours avant l’élection du nouveau Président par le Parlement libanais. Aujourd’hui, la coalition antisyrienne ne compte plus que 68 députés sur 128, soit trois députés de plus que la majorité requise. Trois de ses membres ont été tués cette année ; et les dernières élections en vue du remplacement de ses deux derniers députés morts dans des attentats, dont Pierre Gemayel ont vu la victoire d’un des partisans du général Aoun, allié au Hezbollah.

Le 20 septembre dernier, dans une vidéo d’Al Qaïda, Ayman al-Zawahiri, le N°2, appellerait ses « frères » à s’impliquer dans le conflit libanais. Il inviterait aussi ses « frères » du Maghreb à lutter contre l’Espagne en reconquérant l’Andalousie perdue, et contre les Français résidant au Maghreb.

Cette diatribe démontre une fois de plus l’aveuglement de ces soi-disants moralistes. L’Andalousie a été tout au long du Moyen-âge un havre de tolérance et de respect entre les trois religions musulmane, juive et chrétienne qui cohabitaient pacifiquement. Les rois très catholiques de l’Espagne d’alors faisaient alors figure d’un esprit rétrograde. Et si les cheikhs d’Andalousie assistaient aujourd’hui au triste spectacle des djihadistes d’Al Qaïda, ils seraient les premiers à les condamner.

En reproduisant les mêmes schémas de l’obscurantisme catholique de la fin du Moyen âge à la Renaissance, les tenants d’un Islam intransigeant n’ont plus l’excuse de l’ignorance de ces époques lointaines. En ce temps-là, on n’avait pas encore aboli les distances, ni réglé les problèmes de communication ; certaines contrées étaient encore inconnues et inexplorées. Le monde s’éveillait à la civilisation moderne, en sortant des soubresauts d’un Moyen âge douloureux.

Le catholicisme a fait son mea culpa de ses erreurs. Les terroristes de l’Islam considèrent les excuses comme de la faiblesse. Ils ignorent ou le feignent que leur propre haine de l’autre est leur faiblesse ; que leur interprétation restrictive d’une religion qui continuerait à se construire sur le rejet de l’autre va à son anéantissement ; que les ténèbres qu’ils promettent sont celles qui les engloutira ; que la lumière lorsqu’elle les atteindra révèlera leur ignominie. Et quels que soient ceux qui, sans se salir, les manipulent dans l’ombre, ceux-là finiront par être démasqués.

Triste spectacle en effet que ce grand guignol perpétuel qui ensanglante l’Irak, le Pakistan, le Liban, le Maghreb et exporte son venin vers l’Occident !

Qu’Allah leur accorde Sa Miséricorde…

Carl E. Arkantz

Le 21 septembre 2007

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11 septembre 2007

11 septembre : 5... 6 ans et… après ?

11 septembre : 6 ans et… après ?


Une année de plus est passée... Rien n'a changé... Hormis que Saddam Hussein a été exécuté, et que la crédibilité de l'administration Bush a été largement entamée. Son allié Tony Blair n'est plus pouvoir. Et les Démocrates dominent le Congrès. Quant à la contestation de la version officielle, après le brûlot de Michael Moore Fahrenheit 9/11, Palme d'Or à Cannes en 2004, elle s'organise non dans la théorie d'un complot qui sera de toute façon difficile voire impossible à démontrer, à moins de révélations ou de témoignages de responsables impliqués, mais dans l'opinion publique américaine.

Quoiqu'il en soit le 11/9 restera à jamais un traumatisme.

Pour le reste, voici l'article que je publiais il y a juste un an jour pour jour. Il est paru dans Emarrakech.info, à cette époque.

Carl E. ARKANTZ

Towers_911


11 septembre : 5 ans et… après ?

9/11 ! Hasard ou cynique coïncidence, le 911 était connu aux Etats-Unis comme un numéro d’appel d’urgence. Il est fort probable que le 9/11 de l’année 2001, ce numéro d’appel fut saturé. À 8h46, le vol United Arlines n°175, détourné par des pirates de l’air sur New-York, après son décollage de Boston pour Los Angeles, vient percuter la Tour Nord du World Trade Center avec à son bord 56 passagers et son équipage. 18 minutes plus tard, le vol American Airlines n°11 reliant lui aussi Boston à Los Angeles s’encastrera dans la Tour Sud avec 81 passagers à bord et les membres d’équipage. Le vol American Airlines n° 77, assurant la liaison Washington Los Angeles, s’écrasera sur le Pentagone. Le quatrième avion, le vol n° 93 d’United Flight s’abattra sur une forêt de Pennsylvanie, après que les passagers se soient rebellés contre les pirates de l’air. Qu’il se soit agi d’un crash volontaire comme l’ont affirmé certains médias ou que l’avion ait été la cible de la chasse américaine (ou de la défense anti-aérienne), il ne restera aucun survivant à cette catastrophe. D’après les thèses développées par les experts, le vol n° 93 aurait eu pour objectif la Maison Blanche. Opportunément, le Président George W. Bush ne s’y trouvait pas. On l’avertira de la première attaque alors qu’il est en visite dans une école de Floride.

Dans les heures qui suivent, les « preuves » découvertes sur place comme le passeport d’un des pirates de l’air dans les décombres des tours de New-York, pourtant détruites par les flammes ou un manuel de pilotage avec des annotations en arabe viennent accréditer la thèse d’une action imputée à une organisation terroriste « Al-Qaïda ». Jamais le terme d’evidences (preuves en anglais) n’aurait été plus parlant.

Fils d’un riche homme d’affaires saoudien, le fondateur d’Al-Qaïda est un certain Oussama Ben Laden. Oussama Ben Laden n’est pas un inconnu pour le Président américain. Tous deux auraient même été partenaires dans des affaires pétrolières. De même, la famille Ben Laden a des intérêts aux États-Unis, un des frères d’Oussama Ben Laden siège au conseil d’administration de Carlyle. Le 11 septembre 2001, il aurait été présent à une réunion du conseil d’administration de cette société (1). D’après certaines rumeurs, le seul avion autorisé à décoller du territoire américain après les attentats de New-York et de Washington aurait été celui emmenant la famille Ben Laden hors des États-Unis. Dans le même temps, tous les vols au départ et à destination des États-Unis seront annulés.

Quant à Al-Qaïda, cette organisation n’est pas non plus une inconnue pour l’administration américaine. Elle a en effet été utilisée contre les forces soviétiques lorsqu‘elles occupaient l’Afghanistan. Ce n’est donc ni plus ni moins qu’une des nombreuses organisations affiliées aux renseignements et aux services spéciaux américains, armée et formée par Washington. Le régime des Talibans, jusque-là toléré par la Maison Blanche comme « politiquement correct » a été lui-même soutenu par le Pakistan, l’un des alliés majeurs des États-Unis dans la région. Comment Al-Qaïda et son fondateur ont-ils pu passer du statut d’allié à celui d’ennemi public ? Certes, l’Union soviétique a dû abandonner l’Afghanistan. Mais, avec la Chine et l’Inde, la Russie avait misé sur l’Alliance du Nord du Commandant Massoud pour tenter de chasser les Talibans du pouvoir. Deux jours avant les attentats du 11 septembre 2001, le « Lion du Panchir » était assassiné par deux pseudos journalistes, en fait des membres d’Al-Qaïda. Étrange coïncidence !

Le 13 septembre, les États-Unis demandent au régime des Talibans l'extradition hors d'Afghanistan du fondateur d'Al-Qaïda, Oussama Ben Laden. Les Talibans, et en particulier leur chef, le mollah Omar refusent. Et pour cause, le mollah Omar n’est-il pas le gendre de Ben Laden ?


Après s’être assurés d’un soutien international, les États-Unis prennent la tête d’une coalition et lancent, le 7 octobre 2001, l’opération « Liberté immuable ». Cela va permettre à l’Otan de prendre pied dans les anciennes républiques soviétiques d’Asie centrale. Kaboul tombera sans grande résistance.

Oussama Ben Laden ne sera pas capturé, ni le mollah Omar d’ailleurs. Cinq ans après, Ben Laden demeure toujours insaisissable. Est-il terré dans les montagnes pachtounes, à la frontière du Pakistan ? De nombreuses vidéos, diffusées par la chaîne arabe Al Jazira, montrent Ben Laden dans un paysage de montagne, tenant des réunions en plein air. Il n’a pas l’air d’un homme traqué. On l’a même dit malade, souffrant d’une grave insuffisance rénale. Encore des « on-dit », jamais de preuves tangibles.

Le 17 mars 2003, l’administration Bush déclenchera une nouvelle guerre contre l’Irak, prétextant que Saddam Hussein détient des armes de destruction massive. On sait aujourd’hui que l’argument procédait du mensonge. C’est pourquoi, cette même administration a cru bon, pour son opinion publique, de relier le dictateur irakien aux attentats du 11 septembre, en avançant qu’il avait offert une logistique à l’organisation terroriste. Aujourd’hui encore 64% des américains croient en cette version. Pourtant rien de sérieux ne permet de prouver une quelconque collusion.

On assiste aujourd’hui au chaos qui secoue l’Irak de l’après Saddam Hussein. Ce pays martyr est devenu le champ de bataille de tous les terroristes, et le vivier du terrorisme international. Il n’est pas un jour où un attentat aveugle ne tourne au massacre. Est-ce cela le cadeau offert aux Irakiens après des années de dictature sanglante ?

En Afghanistan, les attentats se multiplient, le trafic d’opium se développe et les Talibans se renforcent dans leurs montagnes avec un discours toujours aussi extrémiste. Ne seront-ils pas bientôt de retour ?

Et si, tout cela, n’était que ce que les spécialistes en géostratégie appellent le « Grand Jeu » ?

Durant les siècles précédents, il opposa l’Empire britannique à la Russie, puis l’Occident à l’Union soviétique. Ne se prolonge-t-il pas entre les États-Unis et ses alliés contre la Russie, l’Inde et la Chine ? Dans ce jeu-là, il fallait pour marquer les esprits que le « mal » forme un axe visible avec la Corée du Nord, l’Afghanistan, l’Iran, l’Irak et la Syrie ; il fallait aussi que l’ennemi, invisible celui-là, le terrorisme international, ait un visage ; celui de Ben Laden avec Al-Qaïda fait pour l’instant l’affaire. Voilà un aperçu simpliste d’un Monde bien complexe, vu par la lorgnette de Washington, avec en arrière-plan des enjeux économiques colossaux, et bien entendu le pétrole.

Le 11 Septembre 2006

Carl E. ARKANTZ

(1) Le 26 octobre 2001, la famille Ben Laden se retirera de Carlyle en vendant sa participation de 2 millions de dollars.

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03 septembre 2007

Les troupes britanniques ont achevé leur retrait de leur dernière base de Bassorah

Brits
Photo: Essam Al-Sudani /AFP

Après les Espagnols, les Britanniques se retirent de ce piège qu'est devenu l'Irak. La France sera-t-elle sollicitée pour jouer les supplétifs ?

À méditer, cette chronique de 2003 :


Le piège irakien...

Ce soir à minuit… Le feu illuminera le ciel. Au-dessus de l’ancienne Assyrie, il fera jour en pleine nuit. Un ciel de mort, un ciel de guerre. À l’arrogance des uns répond l’arrogance des autres, et au milieu le petit peuple, le troufion de base… Le premier périra sous les bombes (intelligentes, à frappe chirurgicale), le second sautera sur une mine ou finira égorgé au détour d’un chemin, à la suite d’une embuscade.

N’en déplaise aux éminents stratèges du Pentagone, cette guerre ne sera ni propre, ni rapide, ni facile. Ce sera une sale guerre ; une espèce de nouveau Vietnam, de second Afghanistan, qui est d’ailleurs loin d’être « pacifié ».

Que M. Georges W. BUSH range ses cartes dans leur paquet. Même au jeu de poker menteur, il ferait mieux de reprendre quelques cours. La guerre n’est pas un jeu, Monsieur le Président. Vous devriez apprendre à grandir ! La guerre n’est pas un jeu, c’est une horreur ! Il faut croire que vous n’avez pas perdu un être cher à cause de cette saloperie.

Je ne vous le souhaite pas d’ailleurs. Pourtant Monsieur le Président, vous êtes le père de votre Nation. Cela vous confère plus de devoirs que de droits. Auriez-vous oublié ce qu’est être père ?

Un père doit savoir respecter ses enfants… Non les mener à leur destruction.

C’est malheureusement… ce qui se prépare.

Bien littérairement vôtre,

Le 17 mars 2003

Arkantz

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29 août 2007

Mes Amis, mes Amours… murs… et murmures du cœur

Mes_amis


Mes Amis, mes Amours… à cela Charles Aznavour a ajouté mes emmerdes.

C’est une comédie à l’anglaise que nous a concocté Marc Lévy. On pourrait même dire qu’il s’agit d’une comédie fraîche et enlevée qui a le parfum doux amer du temps qui passe sur une amitié inoxydable. Chacun aimerait sans doute qu’une amitié perdure depuis les bancs de l’école comme celle d’Antoine et de Mathias. Si leur amitié a tenu, leur vie sentimentale semble en panne. Leurs histoires seraient presque parallèles ; Architecte, Antoine vit en célibataire à Londres avec son fils Louis (ne serait-ce pas un récit autobiographique ?) ; Bibliothécaire à Paris, Mathias essaye de vivre seul depuis son divorce ; son ex-épouse Valentine est installée à Londres avec sa fille Emily. La tentation est trop forte pour les rejoindre, reconquérir le cœur de Valentine et être auprès de sa fille. Mathias hésite pourtant… et enfin l’occasion rêvée se présente, celle de reprendre une librairie de quartier dans la capitale anglaise.

Par petites touches comme un tableau impressionniste, Marc Lévy nous brosse le portrait de cette petite colonie française de Londres qu’il connaît si bien. De coups de cœur en coup de blues, nous partageons le quotidien de nos deux compères qui appliquent à la lettre le principe que pour mieux vivre ensemble il faut jeter des ponts plutôt qu’ériger des murs.

En abattant des murs, on réunit des hommes. On consolide aussi une amitié, où deux enfants espiègles et complices jouent les petits génies qui raccommodent les accrocs avec des fils de couleurs .

Au fil de ce voyage, dans les Highlands, Marc Lévy se permet même un clin d’œil. Chut ! Je ne dirai rien…

L’intérêt d’un livre étant principalement de susciter des émotions, laissez-vous emporter dans le sillage d’Antoine et de Mathias, de Louis et d’Emily, de Sophie et d’Yvonne, de Valentine et d’Audrey, de John Glover et de MacKenzie et d’un certain Popinot.

Mes amis, mes Amours… est un excellent compagnon d’évasion dans un Londres loin des clichés de la City ; un Londres vivant et métissé avec ses communautés et ses personnalités attachantes ; un Londres moderne où l’on aimerait venir se perdre un peu et découvrir beaucoup… Ne serait-ce beaucoup de soi-même.

Carl E. Arkantz

Mes Amis, Mes Amours
Marc Lévy
Editions Robert Laffont
ISBN 2221107640

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28 août 2007

Au pays de Dieu… une plongée dans l’Amérique profonde

pays_de_dieu


En 1989, Douglas Kennedy avait entrepris un périple dans le pays de Dieu, ainsi qu’il surnomme la Ceinture de la Bible qui, au sud des Etats-Unis, va de la Floride au Texas.

De ce voyage qui se voulait être une rencontre avec les néo-chrétiens, ces mouvements religieux ayant essaimés dans cette Amérique profonde, Douglas Kennedy a brossé le portrait d’une société beaucoup plus mystique qu’on ne pourrait l’imaginer. Avec pour point de départ New-York et sa rencontre avec une businesswoman toute acquise à la foi en Dieu après le décès de son mari, l’auteur nous emmène dans les anciens Etats confédérés.

De la Floride où débute son errance et à chacune des étapes se succèdent des destins d’hommes et de femmes touchés par la foi en réponse à leurs vies fracassées, leur passé de malfrat, un drame personnel, une enfance meurtrie quand il ne s’agit pas de rescapés de ce qu’on peut parfois appeler une secte et qui se battent désormais pour sauver leurs semblables de l’embrigadement psychologique et mystique.

Parmi ces portraits, les plus forts et les plus touchants sont ceux de Cathy une ex des Témoins de Jehova militante antisectes ou de Robert Birt ce pasteur noir d’Enterprise en Alabama qui cherche Dieu dans le regard des hommes.

Le mouvement évangéliste que nous percevons en Europe est loin d’être un phénomène de mode avec ces stars telévangélistes comme Bill Graham. La récente actualité nous a montré que l’action prosélyte des évangélistes dépasse les frontières des Etats-Unis. Ainsi, au premier trimestre 2007, un évangéliste allemand et deux turcs convertis par ses soins ont été horriblement torturés et assassinés à Adana en Turquie par des musulmans ultranationalistes. Plus près de nous, en Afghanistan, un groupe de 23 évangélistes sud-coréens a été enlevé par les Talibans ; deux d’entre eux ont été exécutés ; et deux femmes ont été libérées le 13 août dernier. Ces faits divers sordides, à la limite de l’horreur, ne doivent pas faire oublier que l’action agressive des évangélistes guidés par la Lumière de Jésus, et plus prosaïquement par des multinationales de la Foi basées aux Etats-Unis, se rendent coupables d’un des péchés les plus graves en terre musulmane : détourner d’Allah des musulmans pour en faire des chrétiens. Cette acte est passible de mort, le nouveau converti étant considéré comme le pire des sacrilèges. Que la sanction de mort s’étende aux prêcheurs n’est pas étonnante non plus alors qu’on assiste à un raidissement des mouvements religieux dans le monde. Nous avons pris l’habitude de ne regarder que dans une seule direction, celle de l’Islam et de ses fanatiques. Le récit de Douglas Kennedy rétablit la balance en nous faisant découvrir ce sectarisme néo-chrétien tout aussi dangereux pour la liberté de foi et de conscience individuelles.

Si l’Amour de Jésus est vécu pour nombre de noirs du sud des Etats-Unis comme une forme de libération des contingences terrestres et de soutien moral, l’attrait pour la Foi de beaucoup d’évangélistes américains s’apparente soit à un marché avec Dieu pour gagner une place au Paradis, soit à un alibi pour faire partie des élus de l'après-ère apocalyptique, soit une béquille psychologique pour dépasser les blessures de sa vie, soit le dernier recours pour ceux qui n’ont plus rien à espérer de la vie si ce n’est la mort.

Toujours est-il qu’en insufflant chez leurs ouailles la Force du Très Haut d’habiles prédicateurs n’appartenant pas aux mêmes chapelles promettent  beaucoup plus qu’ils ne peuvent tenir, en raffermissant toutefois en chacun un sentiment d’importance qui n’est en fin de compte que vanité ou orgueil. Il ressort de cette logorrhée religieuse où dans la bouche de ces prédicateurs Jésus abonde jusqu’à la nausée, une vision nauséabonde de cette néo-chrétienté.

Le phénomène ne serait pas aussi inquiétant si les puissances de l’argent ne s’y intéressaient pas, transformant la Foi en business lucratif des dons aux maisons de productions de disques de musiques chrétiennes. Tout est bon pour attirer le chaland, puisque il faut appeler un chat un chat.

Que les plus faibles se laissent abuser par de belles paroles ou de vaines promesses est une chose. En son temps, Martin Luther avait dénoncé les tractations de l’Eglise qui vendait aux chrétiens des parts de Paradis. Le drame est que la politique américaine est de plus en plus gangrénée par le phénomène. Et les diverses déclarations du Président George W. Bush en ont été la preuve. Qu’il s’agisse d'enrôler Dieu dans les armées du Bien ou de définir l’Axe du Mal, cette vision manichéenne du Monde dénote de la plus parfaite immaturité.

C’est sans doute en observateur avisé que Douglas Kennedy a publié ce récit remanié. Celui-ci se lit avec le même plaisir qu’un roman de fiction. Pourtant ce n’en est pas un. Hélas ! Croyant ou non, on peut que nourrir des craintes légitimes face à ces nouveaux croisés des temps modernes en quête de Paradis, prêts à nous imposer leur vision de l’Univers, de sa création à son évolution.

En parlant de Paradis, il faudrait que ces prêcheurs méditent et fassent méditer ce quatrain (Robayat) du poète persan du moyen-âge Omar Khayyâm, plus moderne que bon nombre de nos penseurs actuels :

« Pauvre homme, tu ne sauras jamais rien. Tu n'élucideras jamais un seul des mystères qui nous entourent. Puisque les religions te promettent le Paradis, aie soin de t'en créer un sur cette terre, car l'autre n'existe peut-être pas. » (1)

Et faire le Paradis sur Terre avant de l’espérer au Ciel…

(1) Omar Khayyâm (Robayat CLXIV) - Quatrains, traduction de Franz Toussaint

Carl E. Arkantz

kennedy

Au Pays de Dieu
Douglas Kennedy
Traduit par Bernard Cohen
Editeur Pocket
ISBN : 2266154648

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Les charmes discrets de la vie conjugale… le choc en retour

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Fille d’un professeur de l’Université du Vermont et célèbre agitateur politique et d’une mère artiste peintre aigrie, Hannah Latham semble étouffée entre ces deux personnalités, l’une brillante, l’autre sarcastique. Mélange détonnant entre ce père WASP et cette mère juive, elle choisit au grand désespoir de ses parents et de sa meilleure amie Margie le mariage avec Dan Buchan, un jeune étudiant en médecine ; avec lui elle va s’enterrer dans une bourgade du Maine, à Pelham.

Durant la période troublée de 1966 à 1974, Douglas Kennedy nous retrace comment les incertitudes de la guerre du Vietnam avec ses mouvements pacifistes jusqu’au scandale du Watergate vont bouleverser la vie d’une famille d’apparence si lisse, si ordinaire pour découvrir des failles, des trahisons et des mensonges. Une histoire qui pourrait être universelle ! Pour ne pas reproduire la même expérience que ses parents, Hannah s’isole dans une vie plan-plan de petite bourgeoise de province. Cette belle mécanique qu’elle croit exemplaire va être mise à mal par une relation adultère suivie d’un délit. Contre vents et marées, Hannah va s’efforcer à garder le secret et à oublier.

Trente ans plus tard, les Buchan ont acquis une position sociale respectable ; leurs enfants Jeff et Lizzie semblent avoir réussi leurs vies professionnelles. En est-il de même de leurs vies personnelles ? La société américaine de l’après 11 septembre a changé de visage. L’administration Bush a permis à la droite radicale et religieuse de s’affirmer. Le néo-christianisme s’affiche avec le masque du patriotisme. Jeff appartient à cette mouvance. Lizzie sombre dans la déprime sentimentale. Hannah assiste impuissante à la déliquescence de cette existence qu’elle imaginait bien rôdée. Et c’est le choc, le drame familial et surtout la révélation du secret qu’elle avait cherché à cacher qui vont faire s’effondrer cet univers soigneusement préservé.

De la nausée aux larmes, ce diable de Douglas Kennedy réussit à entraîner le lecteur dans ce maelström dévastateur que masque habilement le titre trompeur de son roman. Le titre américain de State of Union joue sur un double sens ; le discours de l’Etat de l’Union est prononcé chaque année devant le Congrès par le Président des Etats-Unis, il décrit la situation politique et économique du pays. Dans cet esprit, Douglas Kennedy dépeint effectivement le portrait de deux Amériques, l’une contestataire et libertaire des années 60 et 70 avec ses combats pour la fin de la guerre du Vietnam ; et l’autre rigoriste pour ne pas dire tentée par un totalitarisme religieux et sectaire, drapée dans un patriotisme militant qui, suite au traumatisme des attentats du 11 septembre, a déclaré la guerre à l’Afghanistan et se prépare à envahir l’Irak. Par ailleurs, State of Union aurait également un sens plus personnel se référant à l’union en tant que mariage. Et c’est bien de cela aussi dont il est question.

Le charme discret de la vie conjugale est un constat sans complaisance d’une Amérique que nous avons du mal à comprendre.

Carl E. Arkantz



kennedy

Le charme discret de la vie conjugale
Douglas Kennedy
Traduit par Bernard Cohen
Editions Belfond
ISBN : 2714441068

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11 août 2007

Bonnes vacances

Je serai absent du 12 au 27 août...

J'en profiterai pour écrire de nouvelles chroniques qui auront sans doute le goût et la saveur de l'Océan...

Bonnes vacances à tous...

Et bonnes lectures sur le blog.

Carl E. Arkantz

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09 août 2007

Vous revoir… ou quand Arthur retrouve Lauren

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Et si c’était vrai… avait propulsé Marc Lévy dans le monde littéraire avec un parrainage de taille celui de Steven Spielberg lui-même qui avait acheté les droits du roman non encore publié. Tout le monde avait cru à un coup de pub génial là où un agent littéraire, Susanna Lea avait su capter l’intérêt du célèbre producteur avec un simple synopsis à la Foire du Livre de Francfort. Le film sortit en septembre 2005, alors qu’on ne l’attendait plus. Et de l’avis général l’adaptation cinématographique fut bien en deçà du roman. Cela n’avait pas empêché certains critiques littéraires de renom de dénier à Marc Lévy la qualité d’écrivain.

Comme si la qualité d’écrivain pouvait s’apprécier par un label rouge ! Toujours est-il que le succès de Marc Lévy ne s’est jamais démenti depuis avec Où étais-tu ? , 7 jours pour une éternité ou l’étonnant La prochaine fois. Si Marc Lévy a des défauts (personnellement je n’en sais rien, nous ne nous sommes croisés qu’une fois au Salon du Livre de Paris), ce n’est pas du côté de l’écriture qu’il faut les chercher. Il n’a pas son pareil pour décrire l’envers du décor d’un hôpital comme si vous y étiez, sonder les sentiments humains et susciter une émotion réelle chez le lecteur.

Avec Vous revoir Marc Lévy signe la suite de son premier roman Et si c’était vrai… sans les points de suspension, ce qui augure que le chassé-croisé entre Arthur Ashby et Lauren Kline se dénoue enfin. Dans ce roman, les rôles sont inversés. Lauren a un vague souvenir de l’homme qui l’avait assistée pendant son coma. Arthur, toujours amoureux de sa belle revenante en chair et en os depuis sa résurrection, quitte Paris où il avait fui pour les États-Unis. Il n’a pu oublier l’amour de sa vie, mais il n’ose aborder cette femme qu’il aime et qui le hante car il estime ne pas avoir le droit d’interférer dans son existence. Le destin s’en chargera pour lui, jusqu’à mettre sa vie en jeu.

Marc Lévy a dû prendre un malin plaisir à replonger ses personnages dans cette nouvelle aventure où comme dans un puzzle chaque pièce retrouve sa place. Les esprits chagrins critiqueront cette romance. Et alors ? Une jolie romance comme celle-là on en redemande.

Carl E. Arkantz
http://arkantz.canalblog.com
www.arkantz.com



MLevy_Luc_Lavigne
Photo Luc Lavigne

Vous revoir
Marc Lévy
Robert Laffont
ISBN : 2-221-10278-9

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08 août 2007

Changer de vie… mais à quel prix ?

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Avec L’homme qui voulait vivre sa vie, l’écrivain américain Douglas Kennedy nous fait partager le quotidien banal d’un avocat new-yorkais, Ben Bradford dont le parcours semble déjà tout tracé. Tout paraît parfait. Trop peut-être ! La trentaine, marié et père de deux fils, Ben est pressenti pour succéder à l’un des associés, spécialisé en droit testamentaire, dans l’un des plus grands cabinets de Wall Street. Tout irait pour le mieux si sa vie conjugale avec Beth ne semblait pas dans l’impasse peut-être suite à une dépression postnatale ; et par delà, si sa véritable vocation de photographe n’avait pas été contrariée par son père. Et voilà que sous la plume d’un Douglas Kennedy inspiré tout bascule le jour où notre avocat découvre que son épouse a pris pour amant un de ses voisins photographe et un peu bohème.

De la jalousie au meurtre fortuit, l’avocat va saisir l’opportunité de disparaître pour renaître sous l’identité de sa victime et partir loin, dans le Montana pour refaire sa vie comme il l’a rêvée. Sans sombrer dans le vaudeville sordide avec la femme, l’amant et le mari trompé ni le roman vraiment noir, Douglas Kennedy nous raconte l’histoire d’une métamorphose somme toute attachante et pleine d’humour. De suspense en rebondissements, Douglas Kennedy nous manipule jusqu’au dénouement final.

Plusieurs questions se posent : Peut-on vivre avec un meurtre sur sa conscience ? Ou bâtir sa vie sur un mensonge ? Douglas Kennedy les soumet à la sagacité de ses lecteurs. À chacun d’eux de se faire sa propre opinion.

L’homme qui voulait vivre sa vie est Douglas Kennedy de très bon cru. Vivant entre Londres et Paris, cet écrivain a déjà publié de nombreux romans à succès comme Les charmes discrets de la vie conjugale, Une liaison dangereuse, À la poursuite du bonheur ou son dernier roman La femme du 5ème (qui se déroule à Paris). Egalement auteur d’un récit Au pays de Dieu (sur les rapports entre la société et la religion aux États-Unis), Douglas Kennedy reste un auteur méconnu dans son pays d’origine.

Carl E. Arkantz
http://arkantz.canalblog.com
www.arkantz.com
 



kennedy

L'Homme qui voulait vivre sa vie
Douglas Kennedy
Traduction Bernard Cohen
Editeur : Pocket
ISBN-10: 2266087983
ISBN-13: 978-2266087988

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