17 janvier 2008
Lettre Ouverte à M. Zapatero, Chef du Gouvernement Espagnol
Votre Excellence,
Suite à la visite du Premier Ministre turc M. Erdogan en Espagne, M. Zapatero a réaffirmé le soutien de l’Espagne à l’adhésion de la Turquie à l’Union Européenne. Je vous prie donc de bien vouloir communiquer cette lettre au chef de votre gouvernement.
Cette position est une véritable insulte à toutes les victimes d’un État qui a érigé en système un négationnisme des plus actifs, des lois liberticides comme l’article 301 du code pénal, le mensonge et l’intolérance.
Il est malheureux de constater que l’Espagne qui a connu une période difficile où les libertés étaient bafouées avec l’exil forcé de bon nombre de ces citoyens soutienne ouvertement un État ouvertement négationniste et ultranationaliste qui ne respecte pas les Droits de l’Homme ni ne veut affronter son propre passé.
Dois-je vous rappeler qu’il y a un an, le journaliste turc d’origine arménienne Hrant Dink était froidement assassiné en pleine rue de trois balles dans la tête ?
Dois-je vous informer que l’historien turc Taner Akçam, après avoir fait l’objet d’une habile campagne de diffamation par des nervis au service de cet État dont vous plaidez la cause, vit actuellement sous la menace d’être exécuté pour ses prises de position ?
Dois-je vous rappeler qu’utilisant l’argument de la lutte contre le terrorisme l’armée turque bombarde des villages kurdes en Irak, sans que la communauté internationale ne s’en émeuve. Rien de nouveau en cela. Sous le régime dictatorial de Saddam Hussein après la première guerre du Golfe, l’armée turque ne se privait pas de raids meurtriers sur le nord de l’Irak, tant il est vrai que l’armée irakienne ne représentait plus un danger pour elle ?
Passons sur les meurtres à caractère religieux, les bombes posées devant les synagogues, et les inculpations régulières d’intellectuels turcs qui de Ragip Zarakolu à Orhan Pamuk n’ont suscité guère de critiques. Car si Orhan Pamuk n’avait pas été prix Nobel de littérature, il est vraisemblable que personne n’en aurait parlé.
Cette amnésie serait-elle la conséquence de la perspective de juteux contrats avec la Turquie ?
D’aucuns affirment que la Turquie n’est pas européenne. Cet argument n’est pas tout à fait juste. Pendant près de trois siècles, l’Empire ottoman qui n’avait qu’un orteil en Europe avec Constantinople y avait posé le pied. Un pied sanglant il va s’en dire. De la Bulgarie aux frontières de l’Autriche-Hongrie, cet Empire a imposé son joug, massacrant et réduisant des villages en esclavage, islamisant des populations entières ; il s’est même permis le luxe d’assiéger Vienne. Les relents de cette occupation se ressentent aujourd’hui dans les Balkans.
Les leçons du passé doivent être comprises. Ceux qui veulent la mort de l’Europe sont favorables à l’entrée de la Turquie. Cela reviendra à faire entrer un loup gris dans la bergerie, à la différence près que ce loup-là y a déjà mis le bout de son museau.
Bien respectueusement.
C.E. Arkantz
08 janvier 2008
Justice, droit des victimes, respect du droit
Justice, droit des victimes, respect du droit
Les derniers faits divers impliquant des récidivistes ont relancé l’idée de maintenir les criminels les plus dangereux à l’écart de la société. Avec son projet de loi prévoyant de créer des centres fermés pour les pédophiles en fin de peine condamnés à plus de 15 ans de réclusion, la Garde des Sceaux, Rachida Dati vient susciter la contestation, tant du corps judiciaire dans son ensemble, que des syndicats, associations ou des politiques. Certes, la question abordée est bien celle des crimes commis à l’égard des mineurs, qui aux yeux de beaucoup sont les plus odieux. On se souvient de l’affaire Patrick Dills ou de l’emblématique cas de Christian Ranucci ; si le premier a été acquitté après quinze années passées en prison, le second a été condamné à la peine capitale. Or ni dans un dossier, ni dans l’autre la vérité n’aura été clairement établie. Et bien qu’on ne revienne pas sur la chose jugée, il n’en restera pas moins vrai que le doute subsistera. Or le doute profite à l’accusé, qui en droit français est présumé innocent jusqu’à la preuve du contraire.
Par delà la douleur des familles qui ont perdu un être cher, la souffrance de la victime qu’on ne peut qu’imaginer ne doit pas faire oublier que la justice est avant tout humaine donc faillible. Démêler le vrai du faux, sonder les faits tels qu’il se sont passés et non comme le suggère la rumeur, l’opinion demande plus de distance qu’on ne le croit. Me Moro-Giafferi ne disait-il pas : "L'opinion publique, chassez-la, cette intruse, cette prostituée qui tire le juge par la manche..."
Le crime est vieux comme le Monde. En assassinant son frère Abel, Caïn est devenu le premier criminel. Tous les assassins ne sont-ils pas des fils de Caïn ? En chaque homme ne cohabite-t-il pas une part de Caïn comme une part d’Abel ? Ne sommes-nous pas en constant écartèlement entre la raison et l’instinct, le détachement ou l’envie.
La peine de mort est un crime légalisé. Le professeur de Droit pénal Jacques Léauté avait maintes fois soutenu que la peine capitale est loin d’être exemplaire. Certes, elle élimine de la société un criminel, mais elle ne dissuade pas ceux qui seraient tentés de le devenir. De même, si l’on devait appliquer la même rigueur au crime conformément à la loi du Talion, il faudrait condamner à mort plusieurs fois le tueur en série. Or la peine de mort est définitive et unique. Quant à l’acte qu’il est censé punir, il peut être lui multiple. A-t-on le droit en tant que société d’utiliser les mêmes armes que les criminels, à savoir les moyens de donner la mort froidement parce qu’un juge en aura décidé ainsi en appliquant la loi, strictement la loi.
La faillibilité de la justice ne permet pas de soutenir une telle analyse.
Qu’en est-il de la réclusion criminelle ? Toujours selon les criminologues, la prison constitue une mort lente qui sans espoir de libération conditionnelle conduit au désespoir. Or le rôle de la prison est d’amener le criminel ou le délinquant à s’amender afin de retrouver sa place dans la société. Dans la réalité, la prison ne remplit pas cette fonction ; et des délinquants mineurs retombent dans la récidive, forts de l’expérience acquise en cellule au contact de plus aguerris qu’eux. Il ne faut pas oublier non plus que la prison est un espace clos avec ses règles, écrites ou non, ses codes, ses déviances, et surtout un manque total de perspectives.
Prolonger dans ce cas la réclusion au-delà de la peine prononcée en réponse à une dangerosité réelle ou supposée ne résout pas le problème. Qui sera amené à juger du caractère dangereux ou non de la personne ? Ne remet-on pas en cause l’autorité de la chose jugée, en permettant à des médecins, psychiatres ou tout autre spécialiste de se substituer au juge pour maintenir ou non un criminel en prison sa peine étant purgée. On objectera que la mesure concerne des criminels ayant accompagné leur acte d’une particulière barbarie. Soit ! Le crime reste un crime quelle que soit sa cruauté. N’est-ce pas ouvrir une boîte de Pandore en envisageant des extensions possibles ? La mesure pourrait s’appliquer à d’autres criminels, et pas seulement à ceux dont les victimes sont mineures. N’était-ce pas ce que semblait suggérer le reportage du Journal de 20 heures sur France 2 en interviewant M. Schmidt, le père de la jeune femme de 23 ans assassinée à coups de couteau dans le RER D. La dérive, si dérive il y a est déjà du côté des médias avec leurs amalgames, le projet de loi de Rachida Dati ne concernant pas les crimes contre des victimes majeures.
Poser le problème permet d’ébaucher une solution tout en focalisant le débat. En la matière, l’initiative de la Garde des Sceaux est peut-être critiquable, si l’on considère qu’elle est une réponse aux récents faits divers. En cela, elle nous ramène à la critique de Me Moro-Giafferi sur l’opinion publique qui préférait que la justice soit rendue dans une complète sérénité.
C’est avec sérénité, plus qu’avec une nouvelle commission ou des cris de protestation, qu’il sera possible de dégager des solutions équitables qui respectent la justice et ses décisions, les droits des victimes, les droits de l’homme, et cette idée toujours diffuse si ce n’est naïve pour certains que l’homme peut s’amender, fut-il un criminel.
Le 8 janvier 2008
C.E. Arkantz
07 janvier 2008
Le Prince des Faces - Extrait N° 12

- Tu vois, fit Gadjo. Ce petit-là, il avait un rêve. Il voulait retourner sur les terres de ses ancêtres. Un pèlerinage quoi ! Il recherchait sa propre identité. Alors, il a mis de l'argent de côté pour le voyage. Et un jour, il est parti pour le berceau de l'humanité. Un saut dans le passé. Mais existe-t-il un passé ou un présent ? Ne sommes nous pas perpétuellement projetés dans le futur ? Triste désillusion ! Ici ou ailleurs, des peuples enfants refusent de grandir et des êtres à la dérive essaient de recoller des fragments de mémoire. En voulant trop savoir, Elie a tout perdu. Il cherchait des racines, il a ramené des regrets. Que reste-t-il dans sa tête ? Un grand vide peuplé de souvenirs fugitifs. Des vieilles pierres qui témoignent par-delà la mort ; et une longue marche solitaire sous l'œil de Dieu.
- Ne faites pas attention, murmura le barman à Kendall. De temps en temps, il divague. Paraîtrait que c'était un poète ou quelque chose dans ce genre-là avant. Mais on l'aime bien.
- Silence, aubergiste ! trancha Gadjo. Tu persifles. Qui aime bien châtie bien ! Celui qui a dit ça n'a jamais dû aimer. "
Kendall avala une gorgée de gin. En y prêtant une oreille plus attentive, la voix de Gadjo lui parut assez familière. Il fouilla dans sa mémoire. Cela faisait deux fois dans la même soirée qu'il avait l'impression de revenir en arrière. Habilement, il essaya de cuisiner son interlocuteur.
" Vous semblez être un artiste.
- Je l'ai été. Un artiste du verbe ! "
Le Diable de Çildir - Extrait N°11

Missak Minassian se souvint des adieux déchirants sur le quai de la gare, des larmes de sa sœur, de ses nièces qui s’agrippaient à la robe de leur mère avec leurs mines tristes. Il ne devait les revoir qu’une seule fois, le jour de Noël 1914. Ce fut la dernière fois. Les vicissitudes de la guerre l’éloignèrent de Kars, jusqu’aux confins de la Cilicie.
Lorsque les Cosaques prirent Missis, au printemps 1915, Missak Minassian découvrit avec horreur ce dont l’humain pouvait être capable. Il vit le prince errer au milieu des ruines, en contenant son émotion. Quand il apprit la vérité sur la fin de sa femme et de son fils cadet, le lieutenant-colonel Minassian le surprit même entrain de pleurer. Il eut une pensée pour les siens, à Kars. Était-ce une prémonition ? Quelques mois plus tard, des réfugiés arméniens et grecs qui refluaient vers les lignes russes répétèrent des récits qui ressemblaient à s’y méprendre à ce qu’avait vu le lieutenant-colonel en Cilicie. Ils parlaient d’atrocités, de meurtres, de vols, de rançonnage et de viols.
Ceux qui n’étaient pas à Missis n’accordèrent que peu de crédit à ces histoires. Pour les convaincre, le prince ordonna à son lieutenant-colonel de recueillir chaque témoignage, sans en omettre un seul détail. Le lieutenant-colonel effectua une plongée dans l’enfer. De Van à Erzeroum, d’Ani à Ardahan, tous racontaient la même chose. Et il y eut ce vieil homme qui avait fui Kars. Il avait un regard vide, presque éteint. Après avoir investi la ville, il affirma que des Turcs et des bandits kurdes avaient rassemblé la population sous les remparts. Le lieutenant-colonel ne voulut en entendre plus. Il demanda des nouvelles de sa famille. Mais le vieil homme fut incapable de lui répondre. Il continua à ressasser les mêmes monstruosités. Le lieutenant-colonel insista, lui donna les noms, décrivit la maison. Égaré dans son cauchemar, l’homme ne l’écoutait pas, recommençant sans cesse son récit. Le lieutenant-colonel le renvoya. Il n’eut qu’une seule idée en tête ; aller à Kars et constater par lui-même. Si ce vieil homme avait pu sauver sa peau, peut-être retrouverait-il la trace des siens. Il s’en ouvrit au prince afin qu’il lui accorde cette faveur. Dans un premier temps, Tigrane de Lambron refusa. Déçu, le lieutenant-colonel rongea son frein. Vivre dans l’ignorance lui parut une épreuve insurmontable. Il en voulut au prince. Celui-ci se ravisa, lorsque l’état-major décida de reprendre Kars.
02 janvier 2008
Guerres tribales au Kenya ?
Guerres tribales au Kenya ?
Après le Pakistan en proie aux violences après l’assassinat de Benazir Bhutto, c’est le Kenya qui sombre dans la crise provoquée par la contestation des résultats aux élections présidentielles et la réélection du Président sortant Mwai Kibaki.
L’incendie d’une église à Eldoret dans laquelle s’étaient réfugiés trente cinq personnes dont des enfants de la tribu des Kikuyus, principale ethnie du pays à laquelle appartient le Président kenyan suscite une polémique entre le gouvernement actuel et les opposants avec des accusations de nettoyage ethnique.
On est bien loin de l’image quelque peu mythique si ce n’est surannée du Kenya de Karen von Blixen-Finecke dont les mémoires ont inspiré le film de Sydney Pollack Out of Africa avec Meryl Streep et Robert Redford ou de celui du Lion de Joseph Kessel.
Nous voilà plongés au cœur de l’horreur.
Au-delà de la régularité du scrutin, les tensions et les violences interethniques qui vont des émeutes aux meurtres collectifs entre les Kikuyus et les Luos, partisans du candidat de l’opposition, Raila Odinga rappellent celles du Rwanda.
Avec la crise humanitaire au Darfour, ce foyer qui embrase aujourd’hui le Kenya est une nouvelle épreuve pour un continent africain suffisamment martyrisé par les guerres, les exodes, les épidémies, et la misère.
Peut-être que cette fois-ci la mobilisation mondiale sera plus efficace que pour le Darfour ou le Rwanda. Le Kenya n’est-il pas une de ces destinations favorites des amateurs de safaris venus d’Europe ou d’Amérique ?
Bienvenue en 2008
Et mes meilleurs vœux à tous mes lecteurs
27 décembre 2007
La terreur a encore parlé...
No comment... Un grand silence
Les mots sont inutiles... Quand la terreur sème la mort
26 décembre 2007
Du Patriotisme...
Du Général de Gaulle à Romain Gary
« Le patriotisme, c'est aimer son pays. Le nationalisme, c'est détester celui des autres. »
Charles de Gaulle
« Le patriotisme c'est l'amour des siens, le nationalisme c'est la haine des autres. »
Romain Gary
La lettre de l'exilé
Qui suis-je ? Un Africain du Darfour, du Rwanda… Un Asiatique, Birman, Cambodgien, Tibétain… Un Apatride… Arménien… Un Européen… Juif ou un Sud-Américain… Je suis d’ici ou d’ailleurs, du Nord, du Sud, de l’Est ou de l’Ouest. Qu’importe !
J'ai toujours aimé mon pays, c'est la haine de l'autre envers moi, la guerre, la faim et la misère qui m'en ont chassé. Puis-je baiser la main de celui qui a tué ma sœur, mon frère, affamé ma mère, mon père, torturé ma fille, mon fils ?
J'ai quitté ma maison pour m'exiler sur une autre terre, une terre de tolérance où on ne faisait aucune différence entre les hommes, du moins je l'espérais. Les souvenirs du passé ne m'ont point abandonné, j'ai pourtant regardé vers l'avenir, en plongeant mes yeux dans ceux de mes enfants.
Aujourd’hui, je ne puis oublier ma tragédie tant qu’on réfute mon cauchemar, tant que les assassins impunis continuent à être honorés comme des héros, tant que leurs descendants et leurs amis me poursuivront anonymement de leur haine et de leur nationalisme violent.
J’encaisserai encore et encore leurs sarcasmes et leur ironie. Je ferai front contre leur ignorance, savamment entretenue. Je défendrai le juste contre l’arrogant, le bon contre le voyou, l’apôtre contre le tyran. Et je leur tendrai la main.
Que la Paix soit avec vous.
22 décembre 2007
Histoire du Juif Errant
Prisonnier du temps, il est libre dans l’espace
Le temps est sa prison puisque le Fils du Très Haut l’a condamné à l’immortalité, et le monde est son royaume depuis qu’il occupe son éternité à le parcourir. Telle est l’histoire du Juif errant qui sous la plume de Jean d’Ormesson, un autre immortel, a des accents jubilatoires. Jubilatoire, la verve de ce conteur au regard pétillant de malice nous emporte à la rencontre de l’Histoire, la grande évidemment, vue et vécue par Simon Laquedem, le Juif errant. C’est à Venise, à la Douane de Mer, que ce curieux personnage sans âge aborde le narrateur et Marie qu’il surnomme Madeleine, son amie (à défaut d’être sa petite amie comme il le désirerait). Or c’est également pour les yeux d’une autre Marie-Madeleine, celle des Evangiles, qu’Ahasvérus alias Laquedem, le cordonnier ne peut plus mourir. Sa jalousie et son manque de charité envers un certain Jésus lui ont valu cette peine capitale.
Dès lors, il erre. De vols en rapines avec Barrabas, à la couche de la séduisante Poppée, de l’incendie de Rome au suicide collectif des Juifs à Massada, de la compagnie de Saint-François à celle de Christophe Colomb cinglant vers le nouveau Monde, de la Chine à l’Andalousie, de Byzance en Espagne, de Paris à Moscou, il aura tout connu. Tour à tour conseiller, traducteur, interprète, cartographe, jardinier, courrier impérial, confident des plus grands, princes, rois, philosophes, penseurs, écrivains, amant des femmes les plus belles, il changera de nom et d’identité au fil du temps.
Affabulateur de génie ou réel témoin des soubresauts de l’histoire humaine depuis plus de 2000 ans, ce Simon-là captive ses jeunes interlocuteurs au gré de leurs rencontres, notamment Marie. L’histoire du Juif errant est plus qu’un conte, si ce n’est un conte philosophique. Ce n’est pas non plus une simple histoire, mais un moment intense entre un auteur et son lecteur, envoûté tout autant par le récit que la qualité de l’écriture de notre Immortel Académicien. D’un Laquedem à l’autre, d’Isaac à Simon, de Dumas à D’Ormesson, l’histoire du Juif errant ne s’arrêtera que lorsque Christ prononcera ces paroles de salut : " Couche-toi et ne marche plus ".

Histoire du Juif errant
Jean d’Ormesson
Gallimard
621 pages
ISBN : 2070385787
21 décembre 2007
Noël en Alsace
Noël en Alsace...
......entre histoires et enchantements
Un univers de mythes et de légendes
La période de Noël est une des fêtes les plus célébrées au monde. Elle a su conserver en Alsace son âme profonde d'espoir et de réjouissance, à l'approche de la célébration de la Nativité. C'est aussi le renouveau que l'on fête pour le solstice d'hiver.
Un univers de mythes et de légendes, de rites et de traditions, de senteurs et de saveurs se révèle pour le plaisir des petits comme des grands. La région toute entière s'active dans une atmosphère festive où se mêle l'enchantement. Du jour de la Sainte Catherine, le 25 novembre, à celui de Noël, le 25 décembre, une effervescence particulière se crée pendant les quatre semaines qui précèdent la Nativité, c'est le temps de l'Avent, et se terminent le 6 janvier à l'Épiphanie.
Faire partager cet esprit de Noël préservé, cultivé dans la joie des préparatifs où le quotidien retrouve l'empreinte des traditions, tel est le bonheur de l'Alsace, notamment avec ses célèbres marchés de Noël.
Mystère ou tradition…
Le Hans Trapp, parfois appelé Rüpeltz car il était couvert de peaux de bêtes, c'est l'authentique ancêtre du Père Noël. Son histoire remonte à la fin du Moyen-Age. À cette période, le seigneur Hans Von Drodt terrorisait Wissembourg depuis son nid d'aigle du Berwarstein voisin. Il laissa un tel souvenir qu'il devint l 'épouvantail mythique chargé d'effrayer les enfants qui n'étaient pas sages.
Les crèches de Noël, ces personnages qui représentent la Nativité, remontent au 13ème siècle, à l'époque de Saint François. Pour leur réalisation, on utilise des matériaux traditionnels comme le bois, l'argile et la terre cuite ou le grès au sel, du carton découpé et colorié.
La légende du " Christkindel ".
À la fin du 16ème siècle, la Réforme veut remplacer Saint Nicolas, trouvant sa célébration trop païenne pour le remplacer par le " Christkindel " , " l'Enfant-Jésus " qui doit rappeler le don de Dieu fait aux hommes.
La tradition évoluera au fil des siècles, gommant ce pieux changement.
À partir du 19ème siècle, le " Christkindel " est représenté sous les traits d'une jeune femme voilée, vêtue de blanc, la tête parée d'une couronne dorée ou ornée de bougies.
Elle gâtait les enfants sages avec à ses côté le terrible Hans Trapp continuant à jouer le rôle du Père Fouettard.
Survivance d'une figure féminine, le " Christkindel " incarne-t-il la fertilité, ou s'agit-il d'une forme dérivée de Sainte Lucie, à l'honneur dans les pays scandinaves.
Pas de Noël… sans sapin !
À l'époque des Celtes, chaque mois lunaire était associé à un arbre. Pour le 24 décembre, le jour qu'ils considéraient comme la renaissance du Soleil, l'arbre en question était l'épicéa, "l'arbre de l'enfantement".
Une autre légende parle d'un miracle, au 7ème siècle, Saint Boniface voulant convaincre des druides que le chêne n'était pas un arbre sacré, en fit abattre un qui dans sa chute détruisit tout sur son passage hormis un jeune sapin. Profitant de la circonstance, le Saint déclara le sapin, arbre de l'Enfant-Jésus.
Mais la première mention d'un arbre de Noël ne fut faite qu'en 1521, en Alsace. Garni de pommes qui rappellent les fruits de la Tentation et d'Hosties qui figurent les fruits de la Rédemption, il est placé dans le chœur des églises.
Au 17ème siècle, le sapin s'enrichit de décorations, angelots et étoiles en papier, puis des images brillantes, découpées collées sur des sujets en sucre ou en chocolat. Enfin, on recouvre des noix de " papier chocolat ".
Avec la perte de l'Alsace et de la Lorraine en 1870, la France qui connaissait la coutume alsacienne de l'Arbre de Noël sans pour autant la pratiquer, adopta ce symbole pour montrer aux Alsaciens qu'elle ne les oubliait pas.
Nous remercions Tourisme-Alsace pour la fourniture des informations.






