Réaumur-Sébastopol est une correspondance pas un terminus !

KFerguson_Zouave

Ravanello n’aime pas les Russes. C’est un peu comme du Sarah Palin, mais avec un peu plus de vernis culturel. Il en oublierait même que la Turquie n’existait pas en 1853, puisqu’il s’agissait alors de l’Empire ottoman avec lequel Napoléon III entretenait d’excellents rapports. À tel point que les montagnards arméniens de Zeitoun en Cilicie, encerclés par l’armée ottomane en 1862, déléguèrent auprès de l’empereur des Français un émissaire spécial, le prêtre Krikor Apartian pour intervenir auprès de la Sublime Porte. Si de simples montagnards connaissaient aussi bien l’implication de la France du second Empire avec le sultan, on peut supposer que, dans les milieux les mieux informés en Europe à cette époque, on avait au moins la même information. De l'Indochine à l'Afrique, la France d'alors, qui rêvait de conquêtes et de gloire, se faisait pourtant pièger au Mexique. La Crimée fut son chant du signe avant le désastre de Sedan.

Homme du sérail médiatique, M. Ravanello sait-il également que l’échec des Dardanelles était lié à l’accord entre la Russie et l’Empire ottoman sur les détroits de la mer noire ? Dès qu’un navire d’une flotte de guerre non riveraine passait les Dardanelles, la flotte russe avait obtenu l’autorisation des Turcs de franchir le Bosphore. C’est une des raisons pour lesquelles la flotte alliée ne put appuyer les forces terrestres à Gallipoli, sans oublier que ce fut le secret le moins bien gardé de la Grande Guerre (Major-général sir George Aston. Secret service. Espionnage et contre-espionnage).

L’erreur du gouvernement de Kiev, putschiste puis légalisé par un parlement qui ne pouvait faire autrement, a été d’interdire la langue russe dans le pays, rejetant ainsi une partie de sa population dans un statut de proscrits, de citoyens de seconde zone, une sorte de dhimmitude à la sauce ukrainienne. Sa seconde erreur a été de croire que l’UE ou les États-Unis voleraient à son secours. Mais que pèse l’Ukraine dans le jeu diplomatique, géopolitique et économique face à la Russie.

Il est facile de faire accroire que Vladimir Poutine est un dictateur. On a bien vu le résultat de la chute d’un vrai dictateur comme Saddam Hussein en Irak ou de Kadhafi en Libye. Tant que les peuples n’auront pas été instruits, il sera toujours facile à des tyrans, même issus des urnes, qui utilisant le dogme politique ou l’étendard de la religion, continueront à asservir leurs semblables avec l’aval de l’Occident.

Indissociable de Réaumur, la station Sébastopol est bien une correspondance, ce qui comme chacun sait permet de choisir sa direction. À ne croire que M. Ravanello devrait réviser le plan du métro parisien avant que de se lancer sur les pistes de l’histoire européenne.

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