Peillon enfonce… Copé se défonce

Striptease

Alors qu’en France le débat politique prend de la hauteur, Hollande et Obama s’affichent comme amis pour toujours. Il n’est pas certain que le livre pour enfants « Tous à poil ! » n’aurait pas fait polémique outre-Atlantique. Les États-Unis sont quelque peu plus puritains que les Français, eux même très rétrogrades pour les pays de l’Europe du nord ou de l’est lorsqu’il s’agit du corps.

On ne plaisante pas avec la nudité. Deux institutrices américaines en ont fait l’expérience. Carly MacKinney avait publié des photos d’elle nue sur son compte Twitter ; Kaitlin Pearson avait posé nue pour un magazine. Dénoncées par leurs élèves, les deux enseignantes avaient fait l’objet de sanctions. Mieux vaut pourtant du sexe que du sang.

Publié en 2011, « Tous à poil ! » un ouvrage pour enfants veut dédramatiser la nudité. Soit ! Qu’il figure dans la liste des livres recommandés par une des académies a créé le buzz, comme on dit chez les jeunes. Est-ce la représentation du nu qui est gênante ou le fait de voir se dénuder, même par le dessin, ceux que l’on peut croiser dans la rue, le policier, la maitresse, le patron ou la boulangère ?

Il y a quelques jours, la Poste refusait « l’Origine du monde » de Courbet pour illustrer un timbre, au motif que la représentation d’un sexe pouvait choquer les enfants. Pourtant, il ne s’agit là aussi d’une œuvre picturale connue, exposée dans les musées, reproduite dans les livres et facilement affichable sur Internet. Pourquoi interdit-on d’un côté ce que nos chers ministres trouvent tout à fait acceptable de l’autre ? Le livre pour enfants montre clairement des sexes masculins et féminins. Nous sommes bien loin de la représentation cinématographique beaucoup plus crue, mais il ne faut pas oublier que le corps et la nudité font partie de l’intime. Si la violence, qui doit choquer, est devenue banale, c’est que notre société l’a rendue ordinaire par sa représentation dans les différents médias.

Dans certaines cultures, le nu est tabou. Alors que d’aucuns remettent en cause l’évolution vue par Darwin et contestent l’histoire telle qu’elle est enseignée, comment un livre banalisant le nu serait-il accepté ? La question est posée…