Elle a tué sa fille. Elle l’a tuée parce qu’elle ne voulait pas la partager. Elle l’a tuée parce qu’elle ne l’aimait pas. Elle lui rappelait trop son père. Elle a tué sa fille pour que son père ne puisse en profiter. Pour le punir. Le punir de quoi ? Le punir tout court. Elle a tué grâce à la lâcheté et à la complicité des institutions, de la police aux juges, des avocats aux assistantes sociales. Et des voisins ! Des voisins complices aussi. Par action ou par omission. Pour de l’argent ou par indifférence.

 

Personne n’a écouté les craintes du père. Personne ne l’a pris au sérieux. Son ex l’a privé de sa fille pour mieux effacer de sa mémoire le souvenir de son père. Aliénation obsessionnelle, c’est le terme médical pour nommer sa maladie à elle. Une sorte de folie maladive qui rejette tout de la réalité à l’autorité et s’arroge le droit de tout régenter, de créer ses propres lois, de se claquemurer dans ses propres fantasmes.

 

Complices, ils sont tous complices. La police qui l’a crue, permettant son crime ; la justice aveugle, sourde et butée qui a renvoyé le père vers la police ou les avocats ; la justice infâme, lâche et veule qui a oublié que son rôle est d’abord de protéger les faibles. Ils sont tous complices et lâches.

 

Ils ont rendu possible l’horreur, la haine et la dérive d’une folle. Une folle à tuer, une folle tueuse. Une folle qui échappera à la justice en plaidant l’irresponsabilité parce qu’elle aura assez d’argent pour acheter les gens.

 

Tous coupables ! Tous ! Tous ! Une fillette de 5 ans est morte par la lâcheté collective !